Entre conséquences commerciales, participation à la lutte mondiale contre la pandémie de coronavirus et effet d’aubaine, Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft, les cinq entreprises les plus puissantes du monde, se préparent à traverser la crise.

Tous les GAFAM, ou presque, au télétravail

Depuis le 20 mars, la Californie a adopté un confinement à « l’européenne », limitation de la circulation, fermeture des commerces non essentiels, télétravail dans la mesure du possible. Facebook et Google, installés dans la Silicon Valley ont été directement touchés par cette mesure.

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Aucune décision fédérale n’a été prise en ce sens aux États-Unis alors que le pays est devenu le 23 mars le troisième pays le plus touché par la pandémie au monde. Le choix a été laissé aux différentes autorités locales américaines pour l’instant.

Amazon a décidé de mettre en télétravail ses employés qui le pouvaient. Dans ses entrepôts et ses centres de distributions où cela n’est pas possible, la grogne monte du côté des employés. Des droits de retrait sont exercés en France, où Médiapart a récemment révélé que les mesures barrières n’étaient pas tout à fait respectées. Aux États-Unis un entrepôt a été fermé à cause d’un cas déclaré.

Apple de son côté a décidé de fermer tous ses Apple Store, 507 magasins, à l’exception des 42 sites chinois, où, ironiquement, la situation sanitaire s’est grandement améliorée. Facebook a, de son côté, promis de payer le chômage technique de ses modérateurs, souvent des sous-traitants.

Annulation d’événements en cascades, difficultés commerciales

Le confinement a été anticipé depuis plusieurs jours par les GAFAM. Dès le 3 mars Google a annulé sa conférence I/0 2020 prévu à la mi-mai, plus de 7000 personnes étaient attendues. La firme de Mountain View avait prévu une alternative, une conférence virtuelle.

Le 20 mars, le compte officiel Google Developers a également annulé cette solution de rechange pour la sécurité des équipes techniques devant assurer la retransmission.

La conférence F8 de Facebook, prévue pour le 5 et 6 mai a aussi été annulée fin février.

Google, à l’image de Microsoft Edge, a repoussé la dernière mise à jour de Chrome et Chrome OS devant l’adaptation du temps de travail de ses équipes. Les deux entreprises ont en revanche assuré que les mises à jour de sécurités seraient assurées.

Apple a été la première touchée commercialement par le coronavirus. Dès février, à cause des mesures de confinement en Chine, les usines de Foxconn à Zhengzhou ont dû drastiquement réduire leurs activités limitant l’offre mondiale d’iPhone. La branche PC de Microsoft subit le même type de difficulté pour ses tablettes Surfaces fabriqué en Chine.

Le 18 mars, le commissaire européen au marché intérieur Thierry Breton, a demandé de limiter le débit de certains services pour éviter toute congestion du réseau éprouvé par l’arrivé de pas loin de 1 milliard de télétravailleurs dans le monde. YouTube, Facebook et Instagram ont annoncé réduire le débit sur leurs services respectifs. Le 18 mars, les serveurs de Facebook avaient par exemple surchauffé, le réseau social avait dû doubler ses capacités.

Les conséquences sur les actions des GAFAM ont été immédiates. Les valeurs des GAFAM ont toute perdu environ 30% ou un peu moins entre le 20 février et le 20 mars. Microsoft est pour le moment l’entreprise la plus épargnée avec une baisse de 25,52%. Elles suivent la baisse du NASDAQ de 29,45%.

Le complexe effet d’aubaine de la crise

Ces difficultés n’ont pas empêché les géants du numérique de profiter d’un effet d’aubaines. Le confinement, pour les entreprises du numérique, représentent un apport non négligeable de nouveaux utilisateurs. Toutefois, comme l’a montré le cours des actions des GAFAM, ses effets restent insuffisants pour compenser la perte d’activité.

YouTub, Apple TV et les réseaux sociaux devraient naturellement bénéficier de ce surcroît de visiteurs. La plateforme de télétravail Microsoft Teams a gagné 12 millions d’utilisateurs en seulement une semaine. Mixer, le site de streaming de l’entreprise de Redmond qui s’est offert récemment une refonte devrait aussi bénéficier d’une hausse du nombre de viewers.

Avec Twitch et Amazon Prime, l’entreprise peut aussi gagner des abonnés. Pour l’activité de livraison la situation est plus complexe : les magasins étant fermés, le nombre de livraisons explose, obligeant l’entreprise de Jeff Bezos à recruter 100 000 employés supplémentaires.

Pourtant, au vu du contexte cette activité de livraison est sur la brèche, dépendant des rigueurs des confinements et surtout de la disponibilité en personnel que nous avons abordé plus haut. En France et en Italie, Amazon a décidé le 21 mars de se concentrer sur la livraison de produits de première nécessité.

Les GAFAM face à leurs responsabilités

Comme l’exemple d’Amazon le montre, les GAFAM se doivent de participer à l’effort collectif. Il en va de l’image de ces sociétés déjà très critiquées et sous le coup, rappelons-le, de plusieurs enquêtes antitrust toujours en cours.

Google met désormais sur sa page d’accueil, en France, les gestes barrières préconisés par le gouvernement. L’entreprise de Mountain View a aussi développé un site aux États-Unis pour faciliter le triage des patients touchés par le COVID-19. La version test lancée le 16 mars a été saturée le jour même.

Dans la même veine, les bots de Microsoft Healthcare aident à l’évaluation de la maladie les centres américains de contrôle et de prévention des maladies. Facebook lui, a donné accès gratuitement aux gouvernements et services d’urgence à sa Workplace et promis des aides aux petites entreprises fortement touchées par le coronavirus dans 30 pays, à hauteur de 100 millions de dollars.

Apple, enfin, a promis à l’Italie 2 millions de masques de protections et de l’aide pour la protection civile en Italie.

La situation des GAFAM est sans aucun doute appelée à évoluer, comme pour le reste des entreprises et de la population. Les géants du numérique, actuellement les sociétés les plus riches du monde, ne sont, en termes de liquidité, sans doute pas les plus à plaindre pour traverser la crise.