Donald Trump ne pourra plus s’adresser aux 88 millions d’abonnés de son compte Twitter @realDonaldTrump. En effet, l’oiseau bleu a pris la lourde décision de bannir définitivement le 45e président des États-Unis de sa plateforme. Une première pour un compte de cette envergure et qui découle, entre autres, des événements survenus lors de la prise du Capitole.

Un bras de fer qui durait depuis plusieurs mois

C’est une histoire qui dure depuis longtemps entre Twitter et Donald Trump. Au mois de mars, l’oiseau bleu apposait pour la première fois le tag « média manipulé » à une vidéo retweetée par le président des États-Unis. Depuis, c’était devenu une coutume : inlassablement, le réseau social signalait à travers diverses étiquettes chaque tweet du locataire de la Maison Blanche qui contenait des informations fausses ou incorrectes, tant sur les élections présidentielles que sur la Covid-19.

Des mesures qui n’ont évidemment pas été du goût de Donald Trump, qui menaçait alors à l’époque de « fermer les réseaux sociaux », notamment avec la mise en place d’un décret remettant en cause la section 230 du Communications Decency Act. Une menace qui n’a pas été suffisante pour arrêter Twitter dans sa lutte contre la campagne de désinformation menée par le président des États-Unis, bien au contraire.

Après de multiples avertissements, Twitter met ses menaces à exécution…

Pendant les événements de la prise du Capitole, Twitter a pris la décision de suspendre le compte de Donald Trump pendant 12 heures suite à une vidéo dans laquelle le président demandait à ses partisans de rentrer chez eux calmement, mais dans laquelle il affirmait à nouveau (et toujours sans aucune preuve) que les élections avaient été truquées.

Une fois ce délai passé, l’oiseau bleu a débloqué le compte de Donald Trump, mais prévenait dans le même temps : un quelconque autre débordement serait cette fois puni par un bannissement définitif. Il aura finalement fallu moins de 24 heures au président des États-Unis pour outrepasser le règlement du réseau social. Chose promise, chose due, ce dernier a alors mis ses menaces à exécution en supprimant une bonne fois pour toutes le compte de Donald Trump.

Dans un article de blog, Twitter a expliqué les raisons de cette décision. Deux tweets en particulier sont mis en cause. Dans le premier, l’actuel président des États-Unis écrivait en s’adressant à ses partisans :

« Les 75 000 000 de grands patriotes américains qui ont voté pour moi, AMERICA FIRST, et MAKE AMERICA GREAT AGAIN, auront une VOIX GÉANTE longtemps dans l’avenir. Ils ne seront pas irrespectés ou traités injustement de quelque manière que ce soit !!! »

Peu de temps après, il surenchérissait :

« A tous ceux qui l’ont demandé, je n’irai pas à l’inauguration le 20 janvier ».

Pour Twitter, ces deux tweets doivent être lus en gardant en tête les tensions actuelles qui règnent aux États-Unis suite à la prise du Capitole. C’est en considérant ce contexte dans son ensemble, que le réseau social estimé qu’ils enfreignaient sa politique contre la glorification de la violence. Pour être plus explicite, l’oiseau bleu a détaillé les cinq points clé de son analyse :

« La déclaration du président Trump selon laquelle il ne participera pas à l’inauguration est reçue par un certain nombre de ses partisans comme une confirmation supplémentaire que l’élection n’était pas légitime et est considérée comme un désaveu de sa précédente affirmation faite par le biais de deux Tweets de son chef de cabinet adjoint, Dan Scavino, selon laquelle il y aurait une « transition ordonnée » le 20 janvier.

Le second Tweet peut également servir d’encouragement à ceux qui envisagent des actes violents et qui pensent que l’inauguration serait une cible « sûre », puisqu’il n’y assistera pas.

L’utilisation des mots « American Patriots » pour décrire certains de ses partisans est également interprétée comme un soutien à ceux qui ont commis des actes violents au Capitole américain.

La mention de ses partisans ayant une « voix géante dans le futur » et qu' »ils ne seront pas irrespectés ou traités injustement de quelque manière que ce soit » est interprétée comme une indication supplémentaire que le Président Trump ne prévoit pas de faciliter une « transition ordonnée » et qu’au contraire, il prévoit de continuer à soutenir, habiliter et protéger ceux qui croient qu’il a gagné l’élection.

Des plans pour de futures manifestations armées ont déjà commencé à proliférer sur et hors Twitter, y compris une proposition d’attaque secondaire sur le Capitole américain et les bâtiments du capitole de l’État le 17 janvier 2021. »

… Et Donald Trump essaye de les contourner sans succès

Quelques heures seulement après cette annonce, le président américain a essayé de tweeter sur au moins deux autres comptes qui sont sous son contrôle, celui de @POTUS et celui de @TeamTrump. Dans ces tweets qui ont rapidement été supprimés par Twitter, Donald Trump se plaignait notamment de la façon dont il était traité par les réseaux sociaux, et déclarait être en train de négocier avec « divers autres sites » pour que ses comptes soient rétablis. Il affirmait également envisager de créer sa plateforme « dans un avenir proche », avant de promettre à ses partisans : « Nous ne serons pas réduits au SILENCE ».

En réaction à ces nouvelles déclarations, un porte-parole de l’oiseau bleu a réaffirmé la position de sa plateforme : « Comme nous l’avons dit, utiliser un autre compte pour tenter d’échapper à une suspension est contraire à nos règles. Nous avons pris des mesures pour faire respecter cette règle en ce qui concerne les récents tweets du compte @POTUS. Pour les comptes gouvernementaux, tels que @POTUS et @WhiteHouse, nous ne suspendrons pas ces comptes de manière permanente, mais nous prendrons des mesures pour limiter leur utilisation ».

Les réseaux sociaux en alerte sur les comptes de Donald Trump

Twitter n’est pas le seul réseau social à avoir pris la décision de bloquer le compte de Donald Trump. Le jour même de la prise du Capitole, Snapchat annonçait via le biais d’une porte-parole avoir pris « une mesure de restriction permanente au compte du président ».

De leur côté, Facebook et Instagram avaient initialement décidé de bloquer les comptes de Donald Trump pendant 24 heures. Une fois ce délai passé, le groupe de Mark Zuckerberg annonçait étendre sa décision à durée indéterminée.

Pour Donald Trump, ce sont évidemment d’importants coups durs. Ne faisant plus confiance aux médias traditionnels, le président des États-Unis avait pris pour habitude d’utiliser les réseaux sociaux comme plateformes de communication privilégiées. En perdant la possibilité de communiquer directement avec ses partisans à travers ses comptes personnels, il se retrouve amputé d’une partie de son pouvoir.