Elon Musk s’est exprimé par visioconférence lors du sommet Financial Times Future of the Car, et il a notamment été interrogé sur un potentiel retour de Donald Trump sur Twitter lorsque Musk en sera le propriétaire. Comme ce à quoi de nombreuses personnes s’attendaient, le milliardaire souhaiterait voir l’ancien président revenir sur le réseau social.

Pour Musk, la suspension du compte Twitter de Trump n’était pas « correcte »

Pour rappel, Trump a été banni de Twitter le 8 février 2021, deux jours après que des centaines de ses supporters aient envahi le Capitole, symbole de la démocratie américaine. Selon les dirigeants de la plateforme, les tweets de Trump durant cette période ont fait office d’incitation à la violence, ils ont donc pris la décision d’y interdire son compte de manière définitive. Facebook a d’ailleurs pris une mesure similaire, mais pour deux années seulement. Depuis, l’ancien président a créé sa propre plateforme, Truth Social, et assure qu’il ne reviendra pas sur Twitter.

Depuis l’annonce du rachat de Twitter par Musk pour 44 milliards de dollars, la question du retour de Trump sur le réseau social cependant est sur toutes les bouches, et le milliardaire y a enfin répondu :

« Je pense qu'il n'était pas correct de suspendre le compte de Donald Trump. Je pense que c'était une erreur, parce que cela a aliéné une grande partie du pays et n'a pas eu pour résultat final le fait que Donald Trump n'ait plus de voix, il va maintenant être sur Truth Social comme une grande partie de la droite aux États-Unis, et donc je pense que cela pourrait finir par être franchement pire que d'avoir un forum unique où tout le monde peut débattre. Je suppose donc que la réponse est que j'inverserais le ban permanent, évidemment je ne possède pas encore Twitter, donc ce n'est pas une chose qui va se produire à coup sûr, car que se passerait-il si je ne possédais pas Twitter ? ».

Jack Dorsey soutient Musk dans sa décision

Cette prise de position de la part d’Elon Musk n’a rien de surprenant. Se définissant comme « absolutiste de la liberté d'expression », le PDG de SpaceX et de Tesla assure également que cette dernière est « le fondement d'une démocratie fonctionnelle ». Il s’est en outre placé du côté des conservateurs, qui reprochent souvent aux réseaux sociaux leur partialité avec la gauche. Ainsi, Musk a accusé Twitter d’un « fort parti pris à gauche, parce qu'elle est basée à San Francisco », et a aussi affirmé que « la victoire serait que les 10 % les plus à droite et les 10 % les plus à gauche soient contrariés de la même manière ».

D’ailleurs, Musk assure s’être entretenu au sujet de Donald Trump avec Jack Dorsey, co-fondateur et ancien PDG de Twitter, et ce dernier serait finalement du même avis que le milliardaire. En effet, si Dorsey assurait l’année dernière que le ban de Trump était la bonne décision, il a récemment fait marche arrière en tweetant que les suspensions permanentes d'utilisateurs individuels « sont un échec » de l'entreprise, et qu'elles « ne fonctionnent pas ». Depuis qu’Elon Musk a annoncé son rachat du réseau social, Jack Dorsey lui exprime un soutien sans faille.

Le milliardaire tient néanmoins à rappeler que l’acquisition de Twitter n’est pas encore complétée ; alors que des sociétés de capital-risque et certaines grandes banques se sont alignées pour investir, Musk doit fournir jusqu'à 21 milliards de dollars de sa propre trésorerie, rappelle le New York Times. Par ailleurs, un vote des actionnaires de Twitter doit encore avoir lieu.

Illustration d'Elon Musk avec le logo de Twitter.

Elon Musk veut changer la politique de modération de Twitter et assure défendre la liberté d'expression absolue. Illustration : Pixabay

Twitter changera en profondeur si le rachat est finalisé

Si tout se passe comme prévu pour Musk, de nombreux changements devraient être apportés au réseau social. Selon lui par exemple, le code logiciel de Twitter doit être rendu open source afin qu'il puisse être largement consulté et que les gens puissent recommander des modifications.

S’il est contre les suspensions permanentes de comptes, mis à part pour les bots ou les spams, le milliardaire assure que « s'il y a des tweets qui sont faux et mauvais, ils doivent être supprimés ou rendus invisibles, et une suspension - une suspension temporaire - est appropriée, mais pas une interdiction permanente ». De nombreuses organisations de lutte pour les droits humains s’inquiètent du rachat de la plateforme par Elon Musk, et craignent une recrudescence des discours haineux.

De son côté, l’homme le plus riche du monde a déclaré que sa vision de la liberté d’expression « ne signifie pas que quelqu'un a le droit de dire ce qu'il veut ». Il s'est par exemple dit favorable à la suspension temporaire des comptes « s'ils disent quelque chose d'illégal ou de simplement destructeur pour le monde ». Il a également évoqué l'idée qu'un tweet particulier puisse être « rendu invisible ou avoir une traction très limitée ».

Il a par ailleurs assuré à Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur, qu’il ferait tout pour « rendre Twitter meilleur » et que la plateforme respecterait le Digital Services Act, texte européen qui entrera bientôt en vigueur pour réguler les géants technologiques.