Ce jeudi 16 juin, Elon Musk s’est exprimé devant les employés de Twitter et a répondu à bon nombre de leurs questions. Une intervention très attendue, compte tenu du climat d’incertitude qui règne en interne ; de nombreux employés doutent en effet des capacités du milliardaire à diriger un large réseau social. Licenciements, télétravail, fonctionnalités… Musk a abordé de nombreux sujets, voici un résumé de ses principales sorties.

Licenciements et télétravail… Des réponses qui peuvent semer le doute

Les thèmes du licenciement et du télétravail comptent probablement parmi ceux qui préoccupent le plus les employés de Twitter depuis l’annonce du rachat de la plateforme par Elon Musk, d’autant plus depuis que ce dernier a obligé les salariés de Tesla à passer au moins quarante heures par semaine au bureau. Actuellement, plus de 1 500 employés de Twitter ont recours au télétravail, et Jack Dorsey n’avait rien contre cette pratique qu’il a même souhaité démocratiser.

« Si quelqu'un ne peut travailler qu'à distance, et qu'il est exceptionnel, cela n'aurait pas de sens de le licencier. Définitivement pas en faveur des choses qui sont folles », a déclaré Elon Musk à ce sujet. Il a également ajouté que son parti pris est fortement en faveur du travail en personne, mais que les managers peuvent décider lesquels de leurs employés peuvent travailler à distance, comme c'est la pratique chez Tesla.

Musk a également évoqué la situation économique du réseau social et a déclaré qu’à « l'heure actuelle, les coûts dépassent les recettes », ajoutant que « ce n'est pas une bonne situation ». Interrogé sur d’éventuels licenciements, le milliardaire a assuré que toute personne qui est un contributeur important ne devrait pas avoir à s'inquiéter, ce qui n’a pas forcément rassuré les employés.

La vision de Musk pour l’avenir de Twitter

L’une des questions concernaient l’ambition de Musk de devenir le PDG de Twitter ou non une fois l’acquisition complétée, ce à quoi il a répondu vaguement en affirmant ne pas s’intéresser aux « titres », rapporte le Wall Street Journal. D’ici cinq à dix ans, Elon Musk souhaite voir le nombre d’utilisateurs de Twitter passer de 229 millions à plus d’un milliard.

Il a en outre vanté les mérites d’applications plus « fun » comme TikTok et WeChat, plateformes dont il aimerait s’inspirer pour l’avenir de Twitter. Il a également réitéré qu'il n'était pas contre la publicité en tant que modèle, notant qu'elle est très importante pour l'activité de Twitter, mais que les publicités et les abonnements sont tous deux essentiels pour augmenter les revenus. Il a ajouté que les publicités devaient être divertissantes et qu'il ne voulait pas laisser les entreprises faire la publicité de « mauvais produits ».

Un homme navigue sur Twitter.

Elon Musk a évoqué l'idée de devoir payer pour être vérifié sur Twitter. Photographie : Marten Bjork / Unsplash

L’homme le plus riche du monde a évoqué l'idée que les utilisateurs devraient payer pour être vérifiés en tant que véritable utilisateur humain, par le biais d'un outil comme le service d'abonnement Twitter Blue. Il a aussi proposé que Twitter utilise la vérification comme un moyen de classer le contenu sur la plateforme, son objectif étant de « maximiser l'utilité du service ».

Sans surprise, Elon Musk a aussi été interrogé à propos de sa vision de la liberté d’expression. Pour rappel, il ne s’est pas opposé à un potentiel retour de Donald Trump sur la plateforme. Il a ainsi fait la distinction entre la liberté de parole et la liberté d'accès. Selon lui, cela signifie que les gens devraient être autorisés à dire des choses assez scandaleuses dans le respect de la loi, mais qu'ils ne méritent pas nécessairement que leurs tweets soient amplifiés et diffusés de manière virale sur Twitter.

Des réactions « enflammées » en interne

Depuis l’annonce du rachat de Twitter en avril dernier pour 44 milliards de dollars, Elon Musk ne cesse de créer la controverse. Il a en effet déclaré gelé l’acquisition en attendant plus de précisions sur le volume de faux comptes et de spams présents sur le réseau social. Il a ensuite voulu revoir le prix du rachat à la baisse et a également accusé les dirigeants de la plateforme de « rétention d’informations » sur les faux comptes.

Si son intervention devant les employés a permis d’éclairer sa vision pour l’avenir du réseau social, il n’est pas certain que ces derniers en soient rassurés. Bloomberg rapporte en effet que les propos du milliardaire sur le télétravail ont suscité des réponses très « enflammées » sur la messagerie interne de l’entreprise, Slack.

Twitter souhaite organiser un vote des actionnaires sur l'opération de rachat plus tard cet été et le clôturer peu après, sauf évolution imprévue. Se son côté, Elon Musk a promis qu'il reviendrait pour une autre séance de questions-réponses.