Alors que Google est dans le viseur des autorités américaines pour ses pratiques jugées anticoncurrentielles, les législateurs cherchent un moyen de briser son monopole… et cela pourrait passer par la vente de son navigateur Web, Google Chrome.

Des poursuites judiciaires arrivent

Google n’est pas le seul géant américain visé par le gouvernement : Facebook, Amazon et Apple risquent, eux aussi, très gros. La semaine dernière, le Congrès préconisait un démantèlement des GAFA suite au rapport de la Commission antitrust du pays, dont les conclusions établissaient un monopole écrasant et anti-démocratique de la part de ces quatre entreprises. Et c’est bel et bien Google qui devrait faire les frais de ces accusations en premier, avec des poursuites judiciaires censées démarrer très prochainement.

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C’est dans ce cadre que les procureurs du Département de la Justice et les procureurs généraux de plusieurs États réfléchissent aux alternatives pour limiter le pouvoir de la firme de Mountain View. Son modèle économique est en effet très problématique selon les politiciens américains, avec des méthodes pensées pour ne laisser aucune chance aux concurrents, notamment au niveau de son moteur de recherche et de ses outils publicitaires.

Chrome permet à Google de développer ses outils publicitaires

Après avoir interrogé des rivaux de Google et des consultants tiers, les procureurs émettent désormais la possibilité de forcer l’entreprise à vendre Chrome. Lancé en 2008, il s’agit du navigateur web le plus utilisé au monde. D’après les autorités américaines, Google exploite ses données utilisateurs, comme les recherches, l’historique et l’activité sur la plateforme pour ensuite développer ses outils publicitaires, ne laissant aucune chance à ses concurrents.

Comme le rapporte Politico, c’est également la suppression des cookies tiers sur Chrome qui pose problème : si Google a annoncé qu’un système de remplacement serait mis en place, cette manœuvre va largement lui bénéficier tout en désavantageant (encore) les rivaux de la firme. Les cookies permettent aux acteurs tiers d’évaluer l’efficacité des campagnes publicitaires. « Le modèle commercial de Google basé sur la publicité peut amener à se demander si les normes qu’elle choisit d’introduire sont en fin de compte conçues principalement pour servir ses propres intérêts. Les acteurs du marché s’inquiètent du fait que, même si Google supprime progressivement les cookies tiers dont ont besoin les autres sociétés de publicité numérique, Google peut toujours se fier aux données recueillies dans l’ensemble de son écosystème », déclare une commission de la Chambre des représentants.

Des rachats pointés du doigt

Les autorités pointent également du doigt les différents rachats de Google au fil des années pour développer son business de publicités en ligne, à commencer par celui de DoubleClick en 2007, puis d’InviteMedia, Admob ou encore AdMed. En se dotant de ces sociétés, la firme de Mountain View a construit des outils publicitaires colossaux, alimentés par son moteur de recherche et son navigateur. Le Département de la Justice pourrait ainsi exiger que Google se sépare de ces acquisitions. Le système d’exploitation made in Google, Android, pose lui aussi problème : l’entreprise s’en servirait pour asseoir davantage le monopole de son moteur de recherche.

Pour l’heure, on ne connaît pas avec certitude les exigences des autorités américaines, mais une chose est sûre : elles ont décidé de donner un immense coup de pied dans la fourmilière. Si Google est effectivement obligé de vendre Chrome, il s’agirait alors du premier démantèlement d’une entreprise américaine ordonné par la justice en plusieurs décennies.