La nouvelle est tombée la semaine dernière, Apple souhaite repérer les contenus pédopornographiques des utilisateurs d’iPhone, d’iPad, d’Apple Watch, de Mac et même d’iCloud. Face à cette annonce, WhatsApp n’a pas tardé à réagir en déclarant vouloir refuser l’adoption de cette nouvelle directive pour son application. Selon la messagerie sécurisée du groupe Facebook, cela introduirait une multitude de problèmes juridiques et de confidentialités.

L’initiative d’Apple remballée par WhatsApp

Le jeudi 5 août, Apple a présenté de nouveaux outils pour protéger les enfants. Nous avons découvert un dispositif directement présent dans iMessage permettant de prévenir un enfant qu’un contenu partagé avec lui était potentiellement sensible ; un autre permettant à Siri de proposer des liens afin de rapporter des cas d’exploitation sexuelle de mineurs ; et pour finir, une technologie de détection d’images analysant les photos dans la galerie des appareils Apple.

Vendredi 6 août, Will Cathcart, responsable de WhatsApp, a rapidement réagi par le biais d’un thread Twitter. « J'ai lu les informations publiées hier par Apple et je suis inquiet. Je pense que c'est la mauvaise approche et un recul pour la vie privée des gens dans le monde entier », débute-t-il.

Le dirigeant de WhatsApp explique qu’« au lieu de s'attacher à faciliter le signalement des contenus partagés, Apple a conçu un logiciel capable de scanner toutes les photos privées de votre téléphone, même celles que vous n'avez partagées avec personne. Ce n'est pas de la vie privée ».

Par la suite, il ajoute qu’« il s'agit d'un système de surveillance construit et exploité par Apple, qui pourrait très facilement être utilisé pour analyser le contenu privé de tout ce qu'Apple ou un gouvernement décide de contrôler. Les pays où les iPhone sont vendus auront des définitions différentes de ce qui est acceptable ».

Vous l’aurez donc très certainement compris, WhatsApp ne compte pas adopter le système récemment présenté par Apple. « Les gens ont demandé si nous allions adopter ce système pour WhatsApp. La réponse est non », affirme ainsi Will Cathcart.

À travers cette prise de position, nous retrouvons la célèbre bataille entre Facebook et Apple concernant les données personnelles. Depuis de nombreuses années, Mark Zuckerberg souligne en effet, que la firme à la pomme a trop de pouvoir sur les activités des réseaux sociaux. Le groupe Facebook s’était notamment fermement opposé à la mise en place de l’App Tracking Transparency avec iOS 14 en fin d’année dernière.