Dans le vaste projet d’amélioration des infrastructures présenté par Joe Biden, l’industrie des semi-conducteurs n’est pas aux abonnés absents. Le nouveau président des États-Unis propose une enveloppe de 50 milliards de dollars afin de rendre le pays plus compétitif et surtout se protéger de toute menace chinoise. Ce budget sera réparti dans des primes à la production, à la recherche et à la création. Également, l’administration Biden créera un National Semiconductor Technology Center.

Il faut dire que les États-Unis, comme beaucoup d’autres pays, sont actuellement confrontés à une pénurie de semi-conducteurs. Elle affecte de nombreuses industries, notamment l’automobile, marquant un enjeu géopolitique jusqu’alors oublié. D’autant que la Semiconductor Industry Association a pointé la baisse de 25% des parts de marché dans la production de semi-conducteurs depuis les années 90. Si la Chine a pris l’avantage, le pays de l’Oncle Sam ne souhaite pas se laisser distancer. La situation des États-Unis témoigne d’une dépendance à un approvisionnement extérieur. Il faut donc dynamiser la production locale et soutenir les acteurs nationaux. Ainsi, Joe Biden réussit même à obtenir le soutien d’une partie de l’opposition.

En fin 2020, les États-Unis avaient annoncé un plan à 22,8 milliards de dollars pour soutenir l’industrie des puces informatiques. Fin février, Joe Biden avait à son tour signifié sa volonté d’une puissance des semi-conducteurs « made in America ». Des fleurons se sont ainsi sentis pousser des ailes, à l’instar d’Intel qui a annoncé 20 milliards de dollars d’investissements.

Pour trouver ces 50 milliards de dollars, le gouvernement l’intègre à son plan de relance sur les infrastructures à 2 billions de dollars. Il est financé par une hausse de l’impôt sur les sociétés qui passerait de 21% à 28%. Une autre rentrée d’argent se ferait par une haute des taxes sur les bénéfices réalisés à l’étranger.

Outre-Atlantique, l’Europe est aussi à la manœuvre. Depuis le début du mois, la Commission européenne a fait plusieurs annonces. Si le Vieux Continent compte bien augmenter sa production de semi-conducteurs, il vise 20% du marché dans moins de 10 ans. Néanmoins, le retard européen face au leadership américain et chinois risque de se faire sentir.