Dans une interview accordée à Fox News, le conseiller de Trump, Jason Miller, a affirmé que l’ancien président lancerait son propre réseau social dans deux ou trois mois.

Depuis les événements du Capitole, largement causés par sa personne, Donald Trump n’a plus accès à ses principaux moyens de communication. Twitter et Facebook ont en effet pris la décision de suspendre son compte indéfiniment. Ayant perdu les élections face à Joe Biden, l’ancien président se retrouve sans plateforme pour échanger avec ses supporteurs. Sans surprise lorsque l’on connaît la personnalité du milliardaire, celui-ci a donc décidé de créer son propre réseau social.

« Et c'est quelque chose qui, je pense, sera le plus tendance dans les médias sociaux, il va complètement redéfinir le jeu, et tout le monde va attendre et regarder pour voir ce que le président Trump fait exactement », a ainsi assuré Jason Miller. À l’instar de son dirigeant, il n’a pas hésité à user de nombreux superlatifs pour décrire cette future plateforme : « Je pense que le président sait dans quelle direction il veut aller et cette nouvelle plateforme va être importante et tout le monde le veut, il va attirer des millions et des millions, des dizaines de millions de personnes sur cette nouvelle plateforme ».

Il a par ailleurs affirmé que Trump avait été approché par de nombreuses entreprises afin de mettre sa démarche en œuvre, et que de nombreuses réunions à cet effet avaient eu lieu dans sa résidence de Mar-a-Lago en Floride. On peut néanmoins se demander quelles sociétés sont intéressées par une telle plateforme qui devrait, normalement, regrouper des personnes très réfractaires aux médias dits « mainstream ». Par exemple, des firmes tech comme Stripe et Shopify ont abandonné les affaires avec Trump suite aux événements du Capitole, tandis que les plateformes de cloud computing d’Amazon et de Microsoft pourraient être très réticentes à l’idée de fournir leurs services à un personnage aussi controversé. Si Trump doit s’appuyer sur des entreprises moins puissantes, il est difficile de l’imaginer lancer une plateforme capable de concurrencer les mastodontes de la Silicon Valley.

Par ailleurs, il est possible que l’ancien président se soit lui-même tiré des balles dans le pied en exigeant une réinterprétation de la Section 230, texte qui garantit une immunité aux réseaux sociaux pour le contenu qu’ils hébergent. Les démocrates envisagent en effet de durcir la réglementation, ce qui affecterait forcément la plateforme de Trump, où la modération sera très probablement limitée.

Pour rappel, la désinformation liée aux élections présidentielles a chuté de manière spectaculaire, soit 73%, suite à l'expulsion du milliardaire des réseaux sociaux.