Les discussions sont en route depuis mars 2019 entre les deux entreprises. La finalisation de la transaction entre Uber et Careem, prévue pour janvier 2020. Elle doit cependant passer par l’approbation de plusieurs pays du Moyen-Orient, région dans laquelle Uber espère s’implanter définitivement, et prospérer grâce à son acquisition. Un tel rachat pourrait en effet permettre à l’entreprise américaine de se transformer en « super application », et finalement atteindre une position réellement bénéficiaire.

L’Égypte donne son accord pour la finalisation des transactions entre Uber et Careem

Cela faisait partie du contrat : après avoir accepté d’y mettre le prix, en rachetant Careem pour 3,1 milliards de dollars quand celle-ci n’était estimée qu’à 2 milliards, Uber devait encore obtenir l’approbation réglementaire des pays voisins.

Avec l’acquisition d’une société comme Careem, Uber compte tout simplement s’implanter dans une région qui va du Maroc au Pakistan, en passant par l’Arabie Saoudite, les Émirats, et bien sûr l’Égypte.

Avec une population en pleine croissance, atteignant presque les 100 millions d’habitants, cette dernière représente une grande part du marché du service VTC au Moyen-Orient : « Nous nous félicitons de la décision de l’Autorité de la Concurrence Égyptienne (ECA) d’approuver l’acquisition en cours de Careem par Uber », a ainsi déclaré un porte-parole d’Uber au journal Reuters. Et d’ajouter : « Uber et Careem unissant leurs forces produiront des résultats exceptionnels pour les motocyclistes, les conducteurs et les villes d’Egypte ».

Uber s’est ainsi engagé à respecter pour 5 ans les souhaits prononcés par l’Autorité de la concurrence. En mars dernier, celle-ci avait été chargé par le gouvernement en place d’enquêter sur cette transaction, et de veiller à faire valoir les intérêts de l’Égypte.

Aussi, à partir de la date exacte à laquelle sera prononcée la finalisation du rachat, la société américaine sera tenue de nommer un mandataire indépendant, ayant pour mission de veiller au respect de ces engagements.

Et, tandis que Careem sera désormais une filiale d’Uber, dont la gestion restera indépendante, Uber promet de maintenir des tarifs à ne pas dépasser. Uber X et Careem Go ne pourront pas dépasser 2,5 fois le prix de la course de base, et les tarifs surtaxés ne pourront pas dépasser 30% des transactions effectuées par les deux services.

Uber prépare son avenir

Si la société a connu des déboires avec la justice américaine cette année, refusant de se soumettre aux lois appliquées par certains états concernant les travailleurs indépendants, cette transaction lui ouvre des horizons. D’autant que le droit de grève dans un pays comme l’Égypte est plutôt soumis à la dissuasion de la part des autorités, et que les droits des travailleurs sont souvent malmenés, comme le rappelait Amnesty International en 2017. Quelques « soucis » en moins pour Uber…

Careem, largement implanté sur le territoire, propose un panel de services, qui ne se limite pas au VTC. À l’instar de WeChat en Chine, ou de Grab, qui a fait des services de livraison ou financiers ses principaux atouts, la société originellement implantée à Dubaï, propose des services de restauration, de livraison de colis, mais encore de transferts de crédit.

Les bientôt deux anciens concurrents se partageront donc le développement de l’infrastructure du transport dans le Moyen-Orient, et grâce à la diversification de Careem, Uber s’assure de nouveaux marchés qui risquent de lui conférer un jour le titre de « super application ».