Le Royaume-Uni n’abandonne pas l’idée de voir ARM, son joyau technologique, faire son introduction en bourse à Londres. Selon le Financial Times, une réunion « très constructive » allant dans ce sens s’est produite le mois dernier entre le Premier ministre britannique et les dirigeants de l’entreprise.

Une double cotation à New York et Londres envisagée pour ARM

Basée à Cambridge, ARM se spécialise dans le développement de processeurs. Son architecture est exploitée par de très nombreux acteurs dans l’industrie des semi-conducteurs et équipe 95 % des smartphones dans le monde, dont les iPhone. Détenue depuis 2016 par le géant nippon SoftBank, l’entreprise convoite désormais d’autres marchés comme celui de l’automobile.

Fin 2020, Nvidia a tenté un incroyable tour de force en annonçant son rachat d’ARM pour 40 milliards de dollars. Finalement, de nombreux régulateurs à travers le monde se sont opposés à cette manœuvre jugée anticoncurrentielle ; Nvidia étant un client d’ARM, elle n’aurait pu préserver l'indépendance de celle-ci. À la suite de cette acquisition avortée, SoftBank a très rapidement annoncé son ambition d’introduire le géant britannique en bourse… Mais où ?

Si Masayoshi Son, le PDG de SoftBank, a annoncé en juin 2022 privilégier Wall Street, les autorités britanniques ne se sont pas montrées du même avis : elles espèrent garder leur entreprise à la maison en l’inscrivant au London Stock Exchange (LSE). Elles espèrent même frapper un grand coup en organisant une double cotation simultanément à New York et Londres, une option rarement privilégiée car coûteuse et complexe.

Une puce ARM.

L'architecture ARM est utilisée par des géants technologies du monde entier. Photographie : Open Grid Scheduler / Grid Engine / Wikimédia.

Il s’agirait d’un signe fort pour le marché londonien

Généralement, les entreprises européennes favorisent la bourse de New York en raison de la meilleure connaissance qu'ont les investisseurs institutionnels du secteur technologique. Le gouvernement du Royaume-Uni compte bien convaincre ARM du contraire. Le mois dernier, le Premier ministre Rishi Sunak a organisé une rencontre à sa résidence de Downing Street avec Rene Haas, PDG d’ARM, ainsi que Spencer Collins, directeur juridique de l’entreprise. Masayoshi Son a également participé à la réunion via visioconférence.

Décrite comme « très constructive » et « positive », elle a porté sur une possible IPO d’ARM à Londres. Il s’agit d’une priorité pour les autorités d’outre-Manche, puisque cette opération serait considérée comme un véritable gage de confiance pour le marché britannique qui connaît actuellement des difficultés. En effet, les fonds levés par les entreprises cotées en bourse à Londres ont plongé de 90 % en 2022, dans un contexte de ralentissement économique du marché global. Rishi Sunak est le troisième Premier ministre britannique à tenter de convaincre SoftBank de coter ARM au Royaume-Uni, après Boris Johnson et Liz Truss.

Pour l’heure, aucune information supplémentaire n’a fuitée sur la teneur de la réunion. Pour ce qui est de l’IPO d’ARM, il est fort probable qu’elle ait finalement lieu cette année. L’introduction en bourse réussie de Mobileye, division d’Intel spécialisée dans la conduite autonome, serait considérée comme un signe positif par les dirigeants de SoftBank. Par ailleurs, Masayoshi Son a déclaré en novembre qu’il se concentrerait principalement sur ARM, ce qui sous-entend des efforts supplémentaires pour enfin réaliser son IPO.