Les démocrates ont pris la plume le 28 septembre pour demander « instamment à la FTC de s'opposer au projet d'acquisition d'Amazon par iRobot ». Le géant de l’e-commerce a mis la main sur l’un des champions de la robotique logistique au cours de l’été, pour la modique somme de 1,65 milliard de dollars.

Amazon, un nouvel entrant pas comme les autres

Selon la missive (PDF) adressée à Lina Khan, présidente de la Federal Trade Commission (FTC), l’opération pourrait « nuire aux consommateurs et réduire la concurrence et l'innovation sur le marché de la robotique domestique ».

Parmi les six signataires se trouvent la sénatrice Elizabeth Warren, en pointe sur la régulation des géants du Web et Pramila Jayapal, représentante du 7e district de l’État de Washington, soit, en clair, Seattle, le fief de l’empire de Jeff Bezos.

Selon elles et leurs confrères, Amazon, qui ne dispose que d’un robot domestique, Astro, au succès limité, se présente en entrant sur le marché, mais un entrant aux moyens illimités. Avec le rachat d’iRobot, l’entreprise va immédiatement se positionner comme un acteur dominant du marché.

« Plutôt que de se livrer à une concurrence loyale sur la base de ses propres mérites, Amazon suit une stratégie anticoncurrentielle bien connue : tirer parti de sa part de marché massive et de son accès au capital pour acheter ou supprimer des produits populaires. Amazon a l'habitude d'utiliser cette stratégie, baptisée "Copier-Acquérir-Tuer", pour ses concurrents et sur sa propre plate-forme », assènent les élus.

Ils demandent à la FTC de convoquer la section 7 du Clayton Act, l’une des principales lois antitrust américaines. Elle interdit les acquisitions qui « peuvent avoir pour effet de réduire sensiblement la concurrence ou de tendre à créer un monopole ».

Une autre alerte est soulevée, celle de la sécurité des données. En cumulant les informations de reconnaissance spatiale des robots Roomba et celles des sonnettes, caméras et alarmes Ring & Blink, acheté en 2018, Amazon aura une connaissance parfaite du domicile de ses clients. Un scandale, « Compte tenu des antécédents d'Amazon en matière d'atteinte à la vie privée des consommateurs », précisent les élus.

La FTC débordée

Sollicité par TechCrunch, Amazon a simplement répondu que « La lettre contient un certain nombre de faussetés et est largement inexacte. Nous continuerons à coopérer avec les régulateurs, et nous sommes convaincus que cet accord est proconcurrentiel et qu'il améliorera et facilitera la vie des clients ».

La FTC a déjà officiellement demandé les documents en lien avec la transaction, la quatrième plus importants de l’histoire de l’entreprise. Elle enquête par ailleurs sur le rachat de One Medical, une offre d’abonnement pour des services de télé-santé, pour 3,9 milliards.

La FTC a virtuellement le pouvoir de bloquer ces opérations, mais l’agence semble sous-dotée pour mener à bien ses missions. Les procédures ont la fâcheuse tendance à s’éterniser tandis que les entreprises visées avancent.