La société de VTC dirigée par Dara Khosrowshahi a annoncé le 9 mai dans un mail aux employés, obtenu par CNBC, qu’elle allait traiter les nouvelles embauches comme un « privilège ». Une annonce qui survient alors que le dernier rapport financier affiche une augmentation de 136% du chiffre d’affaires. Uber explique vouloir modifier sa stratégie pour répondre aux nouvelles attentes des investisseurs dans un contexte économique incertain.

L'embauche va devenir un « privilège »

« Il est évident que le marché est en train de vivre une transition d’ampleur, et nous devons agir en conséquence », écrit le PDG d’Uber au début de sa lettre aux employés. Dara Khosrowshahi a annoncé que l’entreprise de VTC et de livraison alimentaire doit maintenant avoir pour objectif principal d’atteindre la rentabilité avec l’argent disponible dans les caisses. Jusqu’à présent Uber fixait ses objectifs sur la base de sa valeur à la clôture des exercices comptables, sans prendre en compte les coûts opérationnels. Elle va désormais recalculer son objectif de 5 milliards de dollars de rentabilité pour 2024.

Alors que la pandémie a été une période profitable au marché de la tech, la situation est maintenant incertaine et inquiète les investisseurs. Le Nasdaq a d’ailleurs enregistré sa cinquième semaine consécutive de baisse. Pour rassurer les actionnaires, Uber va minimiser ses dépenses tout en cherchant à maximiser ses revenus.

L’entreprise va d’abord diminuer les coûts dans deux secteurs : le marketing et les primes pour les employés. Le PDG estime que le retour sur investissement n’est pas intéressant dans ces domaines. Plus inquiétant pour les travailleurs, il ajoute que « nous allons considérer l’embauche comme un privilège et nous allons bien réfléchir à l’endroit et au moment où nous agrandissons nos effectifs. »

De bons résultats pour Uber Eats

Uber est la dernière entreprise de la tech à ralentir son rythme d’embauche. Début mai, Meta, la maison mère de Facebook, prévenait qu’elle allait ralentir les recrutements, toujours pour rassurer les investisseurs. Khosrowshahi affiche sa fermeté, « nous allons être plus intransigeants à propos des coûts à tous les niveaux de l’entreprise. »

Uber a doublé son chiffre d’affaires à hauteur de 6,9 milliards de dollars au premier trimestre. Une croissance liée au relâchement des mesures sanitaires qui a boosté son service de livraison alimentaire, Uber Eats. A contrario, elle a perdu 5,9 milliards de dollars à cause d’une chute des investissements dans ses actions. Un phénomène lié à l’augmentation du prix de l’essence qui a nui à l’arrivée de nouveaux chauffeurs. Uber a alors pris la décision radicale d’intégrer les taxis new-yorkais à son service pour ne pas se retrouver en pénurie de chauffeurs.

Les investisseurs sont heureux du succès et de la croissance d’Uber Eats, mais la société veut diversifier ses activités. Le PDG mentionne le secteur du transport de fret commercial qui représente selon lui « une opportunité de croissance pour Uber, qui a besoin de grandir ». Début avril, la société a affiché son ambition démesurée d’intégrer le transport ferroviaire et aérien avec une super application de voyage qui sera bientôt testée au Royaume-Uni.