Facebook a bloqué le compte du président vénézuélien, Nicolas Maduro, pour une durée de trente jours, a annoncé un porte-parole du réseau social ce samedi 27 mars 2021. En raison de cette décision, les déclarations répétées de l'homme politique sur un prétendu remède "miracle" contre la Covid-19, dont l'efficacité n'a pas été démontrée par la communauté scientifique.

Nicolas Maduro ne pourra plus publier pendant 30 jours

Après Donald Trump, c'est au tour du président vénézuélien d'être temporairement bloqué sur Facebook. Si son compte reste encore visible en mode "lecture", l'homme ne pourra plus ni publier, ni commenter, pendant 30 jours. Le porte-parole du réseau social a expliqué cette décision par des "violations répétées" de la politique de la plateforme concernant la désinformation liée à la Covid-19. De fait, Nicolas Maduro aurait à plusieurs reprises parlé en terme élogieux du "Carvativir", allant jusqu'à présenter ce médicament comme une cure contre la Covid-19, alors qu'aucune étude scientifique n'a permis de démontrer son efficacité à ce jour.

Averti à plusieurs reprises par le réseau social quant aux sanctions qu'il encourait s'il continuait à répandre de fausses informations, le président vénézuélien s'insurgeait au mois de février dernier : « Ils [Facebook] disent que tant que l’OMS [Organisation mondiale de la Santé] n’a pas validé, je ne peux pas parler du Carvativir. Qui dirige le Venezuela ? Qui dirige le monde ? Le propriétaire de Facebook ? ».

De son côté, Facebook s'est défendu en expliquant s'attaquer aux « publications qui contiennent des affirmations trompeuses, mensongères ou infondées sur le thème de la santé, et notamment celles qui assurent qu’un produit peut offrir une prévention ou une immunité de 100 % ou peut guérir le virus ».

Facebook poursuit sa lutte contre la désinformation

La lutte contre la désinformation est devenue l'un des sujets les plus brûlants pour Facebook en matière de modération. Il faut dire que ses conséquences peuvent être désastreuses. En août 2020, un rapport estimait notamment que les fake news liées au coronavirus avaient provoqué plus de 800 morts. Dans un autre registre, ce sont également les fausses informations qui ont contribué à la prise du capitole.

Pour tenter d'endiguer leur propagation, Facebook multiplie donc ses efforts. Récemment, le réseau social a par exemple annoncé avoir supprimé plus d'1,3 milliards de faux comptes en seulement trois mois. Il a également durci sa politique de modération pour les groupes, et mis en place pléthore de nouvelles fonctionnalités au cours de l'année écoulée. Pourtant, aux yeux du Congrès américain, ces efforts ne semblent toujours pas suffisants puisque la semaine dernière, Mark Zuckerberg a été convoqué pour être mis face à ses responsabilités quant à la propagation de fausses informations.

Rien d'étonnant à ce que Facebook soit donc de plus en plus à cheval sur les fake news publiées sur sa plateforme. Qu'il s'agisse d'hommes politiques, de célébrités ou de personnalités influentes, le réseau social ne compte manifestement plus offrir de laissez-passer.