Le 11 février, le CNNum (Conseil National du Numérique) a annoncé le renouvellement de ses membres et de grandes transformations à venir en interne sur la façon d’aborder le sujet du numérique. Ce nouveau CNNum ouvre ses portes à plus de chercheurs multidisciplinaires et se déleste des personnalités venant du monde des startups et de l’économie numérique.

Le CNNum veut aborder le numérique comme un fait de société

La nouvelle mission du CNNum pourrait se résumer en une phrase : « interroger notre rapport au numérique ». À la présidence de ce nouveau Conseil National du Numérique pour les deux prochaines années nous retrouvons Françoise Mercadal-Delasalles, directrice générale chez Groupe Crédit du Nord et Gilles Babinet, multi-entrepreneur. Un véritable virage stratégique voulu par le gouvernement d’Emmanuel Macron, qui voit cette entité comme un un antidote au « solutionnisme technologique ». Désormais, des scientifiques, philosophes, sociologues, psychologues, anthropologues, et des économistes feront partie du CNNum.

Au cours de la conférence de presse qui s’est tenue le 11 février pour annoncer ces changements, Françoise Mercadal-Delasalles, fraîchement nommée présidente du CNNum, a déclaré que : « nous sommes dans une course infernale pour continuer à exister, dans cette transition technologique, et donc également économique. Cette dissonance entre la vitesse de transformation de cette technologie et notre capacité à la comprendre, à la digérer, peut créer des malaises et des fractures ». Le ton est donné, le nouveau CNNum se donne pour mission d’aborder le numérique comme un fait de société et non plus un sujet technique.

Cette volonté se faisait déjà ressentir à l’automne lorsque le CNNum dévoilait ses 15 recommandations pour faire du numérique un accélérateur de diversité. Avec ce rapport publié il y a quelques mois, le CNNum cherchait déjà à faire du numérique un moyen de favoriser l’inclusion sociale et la diversité au sein de nos entreprises. Anthony Babkine, co-auteur du rapport, expliquait à l’époque que : « des talents il en existe partout sur le territoire, il leur manque trois choses : de l’information sur ces métiers, de l’accompagnement et des passerelles pour accéder facilement à ces formations ».

Repenser de manière pluridisciplinaire la transformation de la société

La directrice générale chez Groupe Crédit du Nord ajoute que : « il sera moins question de produire une parole d’experts, mais de faire émerger une pensée collective « . Nul doute que l’objectif derrière ce renouvellement semble être d’ouvrir le débat et de l’amener au cœur de la société. De son côté, Gilles Babinet, également à la présidence du CNNum, explique que : « c’est un pari audacieux et exigeant. On a une phase d’accélération technologique qui est tout à fait spectaculaire. Si on arrive à faire sortir une idée claire, et bien cette idée pourra se transcrire dans la réalité. Comme le disait Victor Hugo, rien n’est plus fort qu’une idée dont l’heure est venue ».

Cédric O soutient évidemment cette transition. Le ministre a pris la parole pour exprimer sa position : « la question qui est posée à travers ce nouveau conseil n’est plus la même question qui était posée par le passé : le sujet n’est pas d’avoir l’avis des startups sur ce que fait le gouvernement. Le sujet est de repenser de manière pluridisciplinaire la transformation de la société. Le besoin est d’avoir des gens qui pensent le numérique ». Une réflexion intéressante qui permettra peut-être au gouvernement de sortir de sa position de « startup nation ».