Selon le South China Morning Post, Ant Group a décidé de retirer ses services de dépôts en ligne utilisés par les banques chinoises via sa plateforme Alipay. Loin d’être anodine, cette mesure a été prise pour respecter les nouvelles réglementations dictées par les autorités du pays pour mieux réguler ses géants technologiques. Le secteur de la fintech est particulièrement visé, au profit des banques traditionnelles.

La Chine est en effet le plus grand marché de fintech au monde. En plus d’Ant Group, des géants comme JD.com ou encore Baidu possèdent eux aussi des filiales proposant des services bancaires en ligne. Déjà en plein boom avant 2020, ces plateformes ont littéralement explosé au cours de la pandémie de Covid-19, au grand dam des autorités chinoises. Ces dernières souhaitent garder la mainmise sur l’activité financière du pays et éviter tout risque de crise financière ou d’agitation sociale.

Or, en utilisant Alipay, les banques régionales exploitent une plateforme nationale disposant de plus d’1 milliard d’utilisateurs. En conséquence, elles offrent à leurs clients des services possédant un rendement plus élevé pour un coût de départ bien plus bas que ceux proposés par les banques traditionnelles du pays. Faisant tomber les frontières géographiques d’un secteur bancaire chinois très réglementé, ces pratiques ont logiquement été prises pour cible par le Parti communiste.

« Ant a volontairement retiré les produits de dépôt en ligne d'Alipay conformément aux récentes exigences réglementaires pour les services de dépôt en ligne », a déclaré Ant Group. Assurant que cette décision n’allait en rien affecté ses utilisateurs d’ores et déjà inscrits et actifs, la firme a également affirmé « être engagée à se conformer aux exigences réglementaires ».

Durant ces deux derniers mois, le nombre de produits liés à la gestion de patrimoine ou aux assurances en ligne a largement baissé sur les plateformes d’Ant Group. Le géant de la fintech répond ainsi aux demandes du gouvernement qui, au début du mois de novembre, a interrompu l’introduction en bourse du groupe. Elle devait pourtant être la plus importante de l’Histoire. L’entreprise de Jack Ma affirme toutefois qu’elle « exploitera la technologie pour mieux soutenir les institutions financières et servir l'économie réelle ».