Selon Will Shu, le grand patron de Deliveroo, la pandémie de Covid-19 a accéléré l’adoption de la livraison de nourriture à domicile de 2 à 3 ans. Déficitaire depuis plusieurs années, l’entreprise britannique prend enfin son envol « grâce » à la pandémie. L’entreprise affirme être rentable depuis six mois, au niveau opérationnel.

La pandémie a propulsé Deliveroo

Will Shu a déclaré le 3 décembre en conférence de presse que : « notre analyse suggère que la pandémie de Covid-19 a accéléré l’adoption des services de livraison par les consommateurs d’environ deux à trois ans. Nous avons constaté une incroyable augmentation du nombre de nouveaux clients qui ont rejoint notre plateforme. Nos clients existants ont également fait évoluer leur comportement : ils commandent plus souvent et commandent aussi pour toute leur famille plus fréquemment. La taille du panier moyen tend à augmenter. Enfin, nos clients commandent une gamme de produits plus large ».

Le plus impressionnant est de voir à quel point la partie « épicerie » a augmenté sur Deliveroo pendant la pandémie de Covid-19. Ce segment représente aujourd’hui 10% des revenus de Deliveroo au Royaume-Uni. Une fonctionnalité qui permet aux clients de la plateforme en ligne de se procurer des articles habituellement vendus en grandes surfaces comme chez Aldi, Carrefour ou Casino. L’année prochaine, Deliveroo veut investir massivement dans l’extension de son réseau mondial de « cuisines de l’ombre ». Un service logistique qui permet aux restaurants de vendre leurs aliments dans des zones où ils n’ont pas de présence physique.

Bientôt le développement de « cuisines de l’ombre » ?

Cette offre ressemble de très près à celle de Glovo, une application espagnole qui veut révolutionner la livraison. Will Shu semble avoir la même conviction que cette entreprise : « je savais que cela allait être l’avenir de la livraison de nourriture. Ces entrepôts permettent aux restaurants de changer de dimension. C’est une partie vraiment fondamentale de la stratégie des restaurants et donc de notre propre stratégie ». Aujourd’hui Deliveroo revendique un réseau de 80 000 coursiers indépendants et plus de 100 000 restaurants inscrits sur sa plateforme. Une force de frappe dont Glovo ne peut pas encore se vanter et cela peut faire la différence.

Oui mais… Qu’en pensent les restaurateurs ? Vraisemblablement ils ne sont pas pleinement satisfaits des services de Deliveroo. Plusieurs restaurateurs ont déclaré qu’ils trouvaient que Deliveroo prenait trop de commissions sur chaque commande. Deliveroo se défend en affirmant que : « nous sommes ici pour livrer les restaurants qui veulent continuer à offrir leur incroyable nourriture durant la pandémie aux familles pendant cette pandémie. Nous travaillons avec les restaurants pour optimiser leurs opérations de livraison, et nous faisons tout notre possible pour que les gens aient toujours accès à la nourriture qu’ils veulent et dont ils ont besoin ».

L’autre problème majeur est plutôt lié aux coursiers. Deliveroo propose des rémunérations trop basses et cela commence à poser de véritables questions. Depuis avril 2020, en pleine pandémie mondiale, Amazon a été autorisée à racheter une partie de Deliveroo, la seule solution pour éviter la faillite selon l’Autorité britannique de la concurrence et des marchés. Un porte-parole de Deliveroo expliquait que : « cet investissement nous aidera à surmonter les défis immédiats et à long terme ».