Apple et Google proposent une solution « clé en main » aux gouvernements pour faire fonctionner leur application de traçage numérique. Ces deux géants technologiques ont développé une API de « contact tracing » pour la mettre à disposition des développeurs, à la fois iOS et Android. Pour Cédric O, secrétaire d’Etat chargé du numérique, il n’est pas question de s’appuyer sur la plateforme d’Apple et Google pour développer StopCovid.

StopCovid ne dépendra pas de la technologie d’Apple et Google

Alors que l’Europe examine toujours la proposition d’Apple et de Google, en France c’est officiel : le gouvernement ne s’appuiera pas sur l’aide des deux géants américains pour développer son application de traçage numérique. Selon Cédric O : « StopCovid sera la seule application totalement intégrée dans la réponse sanitaire de l’État français. Cela ferme le débat ». C’est une question de souveraineté numérique selon le secrétaire d’État chargé du numérique.

Une décision compréhensible, même si le point fort de cette plateforme était sa capacité à permettre à un iPhone de pouvoir communiquer avec un smartphone Android, et vice-versa. La gestion des identifiants anonymes est totalement prise en charge par cette plateforme. Vraisemblablement, le gouvernement français ne souhaite pas déléguer cette responsabilité aux géants du web. L’application StopCovid devra donc définir son propre algorithme et une architecture technologique pour rendre compatible les différents systèmes d’exploitation.

Des problèmes techniques vont se poser

De l’autre coté de la Manche, le gouvernement de Boris Johnson a choisi de s’associer à Google et Apple pour collaborer avec le National Health Service (NHS). Selon le gouvernement britannique, la technologie proposée par Apple et Google pourrait permettre d’accélérer une sortie de confinement. Les ministres ont d’ores et déjà ordonné le développement de cette app.

Sans l’appui technologique de cette plateforme, Cédric O confirme que l’application StopCovid fonctionnera mal pour les propriétaires d’un iPhone. En effet, le fonctionnement d’une telle app implique un accès permanent à la fonction de Bluetooth, ce qu’empêche iOS. Le secrétaire d’État ne semble pas s’en inquiéter. Il explique avoir demandé une dérogation à Apple et affirme que quoi qu’il arrive : « les iPhone ne représentent que 20% des mobiles en France« .

Les développeurs de cette application pourraient bien être confrontés à d’autres problèmes techniques. Les smartphones iOS et Android sont programmés pour stopper les applications en arrière-plan pour une meilleure gestion énergétique. StopCovid sera une application qui ne sera pas ouverte en permanence, elle rentre donc dans les apps d’arrière-plan. Bref, 75 députés voteront mardi 28 avril pour décider du développement ou non de cette application.