Dans l’affaire Huawei, les rebondissements ne manquent pas. En effet, la CFO de Huawei doit logiquement être extradée du Canada vers les États-Unis. Cependant, les récentes déclarations de Trump à propos de cette affaire pourraient bien changer la donne. Du moins, c’est ce que pensent les avocats de Meng Wanzhou.

Donald Trump a déclaré que les accusations portant sur la CFO de Huawei pourraient être abandonnées si et seulement si cela pouvait aider les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine. Le président Trump laisse entendre ici que Meng Wanzhou pourrait donc servir de monnaie d’échange. Pour les avocats de Mme Wanzhou, ce commentaire démontre les manœuvres et les intentions politiques autour de cette affaire.

Ces derniers ont l’intention de demander un sursis dans les procédures d’extradition de Meng Wanzhou vers les États-Unis. L’affaire pourrait donc se poursuivre au Canada. À 47 ans, la CFO de Huawei été arrêtée au Canada en décembre dernier, sur l’ordre des Américains. Elle est accusée d’avoir violé les sanctions mises en place contre l’Iran. Depuis le début de cette affaire, de nombreux rebondissements ont eu lieu : en dépit de la volonté de Trump, le Royaume-Uni confirmait récemment vouloir continuer de travailler avec le géant chinois.

À cause des États-Unis, les relations entre Ottawa et Pékin se sont tendues. Huawei a même décidé de poursuivre le Canada en justice. Les avocats de Meng Wanzhou ont déposé une plainte à la Cour suprême de la Colombie-Britannique. Ils estiment que la police et les agents frontaliers canadiens ont violé les droits constitutionnels de l’employée d’Huawei.

Alors que cette affaire ne cesse de prendre un tournant politique, la Chine a récemment bloqué les exportations canadiennes de porc, à l’entrée de son territoire. Plusieurs milliards d’euros ont été ainsi perdus. L’affaire Huawei aurait pu être traitée beaucoup plus rapidement, mais tout dépend désormais du bon vouloir des États-Unis.