Les infrastructures et les nombreux services cloud d’Amazon, Google et Microsoft ont représenté 65% des 53 milliards de dollars de dépenses liés au cloud durant le premier trimestre 2022. Selon l’analyste Synergy Research Group, les trois mastodontes dominent le marché, empêchant les plus petites entreprises de se démarquer. Leurs activités dans le cloud vont continuer de grandir dans les prochaines années, ce qui inquiète déjà les autorités de régulation.

Les petites entreprises du cloud ne font pas le poids

Le développement du travail à distance durant la pandémie de covid-19 a largement contribué à faire grandir le secteur du cloud computing. Cette situation a surtout profité aux acteurs déjà bien établis. Amazon, avec AWS, représente aujourd’hui 33% des dépenses liées au cloud. Microsoft, avec Azure, se situe à 22%, suivi par Google Cloud qui compte pour 10% des dépenses. Synergy Research Group précise qu’il y a quatre ans, les trois entreprises se situaient à 52% des dépenses globales.

Le développement du cloud dépend d’infrastructures très coûteuses, comme les centres de données. Les géants de la tech ont donc plus de facilité à investir pour développer leurs activités. En 2021, Google et Amazon ont même commencé à fabriquer leurs propres puces pour équiper leurs serveurs, ce qui n’est pas du goût des fabricants américain comme Intel et Nvidia. De cette façon, ils consolident davantage leur domination sur le cloud.

Les petites entreprises sont les premières à en subir les conséquences. Les investisseurs veulent prendre le moins de risques possibles, préférant se tourner vers des valeurs sûres. Les clients vont également choisir les leaders de l’industrie car ils sont souvent plus fiables et leurs services proposent plus de fonctionnalités.

Les trois géants représentent 65% des dépenses liées au cloud. Image : Synergy Research Group.

Les autorités de régulation s’inquiètent du risque de monopole

Dans le contexte économique actuel, le directeur général de Google Cloud, Thomas Kurian, a déclaré que les services liés au cloud restent importants, alors que les autres secteurs technologiques sont en train de subir un fort ralentissement. « Nous avons encore une forte demande et beaucoup d’intérêt de la part des clients à travers le monde dans quasiment toutes les industries », a-t-il expliqué au Wall Street Journal.

Ce maintien du cloud malgré l’inflation et la concentration exercée par les leaders de la tech dans ce secteur inquiètent désormais les autorités antitrust. En avril dernier, la Commission européenne a envoyé un questionnaire à plusieurs entreprises du cloud pour déterminer si la position de Microsoft présente des risques anticoncurrentiels en Europe. Une coalition d’entreprises européennes avait déposé une plainte auprès de l’Union européenne en 2021, pour la pré-installation du logiciel de stockage dans le cloud, OneDrive, sur Windows.