Kamala Harris, la vice-présidente des États-Unis, a annoncé le 18 avril que le gouvernement américain s’engageait à arrêter les essais de missiles anti-satellite. Elle appelle tous les pays à faire de même et à travailler ensemble afin que cette mesure devienne une norme.

Les États-Unis se placent en porte-parole

La proposition a été établie en décembre dernier, lors de la première réunion de Kamala Harris en tant que présidente du National Space Council. « Cet engagement répond à l’une des menaces les plus préoccupantes pour la sécurité et la durabilité de l’espace », précise le communiqué du gouvernement. « Développer des connaissances partagées de ce qui constitue des activités spatiales sûres et responsables contribue à un environnement spatial plus stable en réduisant le risque de malentendus et d’erreurs de calcul. »

Un missile anti-satellite est une arme employée afin de détruire des satellites artificiels. À l’heure actuelle, seulement 4 pays ont réalisé de tels tirs : la Chine, la Russie, l’Inde et les États-Unis. La dernière utilisation de ces missiles par le gouvernement américain remonte à 2008 lors de la destruction d’un satellite espion en perdition.

Kamala Harris prenant la parole en public.

Kamala Harris, la vice présidente des États-Unis, s'exprimant au Goddard Space Flight Center le 5 novembre 2021. Photographie : Taylor Mickal / NASA.

Missiles anti-satellite : dangereux et polluants

Même si aujourd’hui seuls 4 pays ont revendiqué l’utilisation de cette technologie, celle-ci représente un danger futur certain. « La destruction d’objets spatiaux grâce aux essais de missiles anti-satellite est irréfléchie et irresponsable. Les débris à longue durée de vie créés par ces essais menacent désormais les satellites et les objets spatiaux essentiels à la sécurité, à l’économie et aux intérêts scientifiques des autres nations. Ils augmentent les risques pour les astronautes dans l’espace », exprime la Maison Blanche.

Les tirs de missiles anti-satellites participent également à la pollution spatiale. Le 15 novembre dernier, l’essai de ce genre de missiles par la Russie aurait généré plus de 1500 débris orbitaux dans l’espace et forcé les astronautes de la Station Spatiale Internationale à se retrancher dans un abri le temps de traverser le champ de débris.

Historiquement, les pays ayant eu recours à ce genre d’essais n’ont ciblé que leurs propres appareils spatiaux. Cependant, rien n’empêche l’utilisation de cette technologie sur des satellites étrangers dans le cadre de représailles ou de contre-espionnage. Le gouvernement américain statue à ce sujet : « un conflit ou une confrontation dans l’espace n’est pas inévitable mais les États-Unis font en sorte que l’espace en reste dénué ».

Dans la même lignée, la Nasa a lancé sous l’administration Trump, les accords Artémis, un traité international pour une exploration pacifique de l’espace. Le programme a déjà été signé par 16 pays dont plus récemment la Roumanie en mars dernier.