Selon la présidente de l'exécutif européen, Ursula von der Leyen, la nouvelle administration américaine sera un allié de l'Europe pour réglementer les géants technologiques. La chef de la Commission européenne ne s'est pas privée de le clamer haut et fort le jour de l'investiture du nouveau président américain, Joe Biden.

Ursula von der Leyen veut croire au soutien de Biden

Ursula von der Leyen a déclaré à CNBC que : "s'il y a de la haine, de la polarisation ou des fausses nouvelles, il y a une menace pour nos démocraties. Je suis certaine que nous aurons un allié pour travailler sur ces différents sujets à la Maison Blanche". Voilà qui est clair. Ursula von der Leyen veut travailler avec les États-Unis pour réguler les géants du web. La présidente de l'exécutif européen est convaincue que l'Europe et Biden sont sur la même longueur d'onde sur les sujets technologiques.

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Elle a ajouté que : "l'Europe propose de nouvelles normes, mais je suis convaincu que les États-Unis écouteront attentivement car Joe Biden a toujours été un homme politique qui chérissait l'ordre fondé sur des règles. Il est nécessaire de mettre en place des règles déjà appliquées dans le monde réel, au sein du monde virtuel. C'est important pour moi, c'est important pour Joe Biden et je pense donc que nous sommes sur la même longueur d'onde".

Un combat commun : celui de la concentration du pouvoir des réseaux sociaux

Le rôle qu'ont joué les réseaux sociaux dans la prise du Capitole au début du mois de janvier pousseront certainement Joe Biden à agir vite. Il y a également la question de la fameuse section 230. De son côté, Trump exigeait que la révocation de cette section soit inscrite dans un projet de loi pour marquer le coup. Nous ne connaissons pas encore la position de Joe Biden sur cette question, mais nous savons déjà que plusieurs démocrates sont également favorables à une modification de cette section 230. À ce propos, un projet de loi baptisé Protecting Americans from Dangerous Algorithms Act a déjà été présenté au Congrès.

Ursula von der Leyen est également revenue sur le bannissement de Trump des réseaux sociaux. Elle estime que : "Twitter avait de très bonnes raisons de fermer le compte de Donald Trump, je suis la première à le penser. Cependant, une intervention aussi grave dans la liberté d'expression devrait être faite sur la base de lois et non selon les règles du jeu des entreprises. Les dirigeants de la Silicon Valley n'ont pas tous les droits".

Avec le RGPD, l'Union européenne se positionnait à l'avant-garde de la réglementation technologique en 2018. Ursula von der Leyen ne s'attend pas à ce que Biden applique exactement la même législation aux États-Unis, mais elle est convaincue qu'il ira dans le même sens que l'Union sur ce sujet. Le nouveau président américain s'est exprimé à ce propos dans le New York Times. Il explique que : "j'ai été d'avis que non seulement nous devrions nous inquiéter de la concentration du pouvoir, mais aussi du manque de respect de la vie privée".