Comme en 2016 aux États-Unis et en 2017 en France avec la campagne d’En Marche, il semblerait que la Russie tente d’influencer la campagne des élections présidentielles américaines de 2020. Son objectif semble cette fois-ci de diviser les électeurs de gauche. Plusieurs rapports vont dans ce sens. La Russie aurait même engagé des journalistes américains pour crédibiliser son action.

Les élections présidentielles américaines sont une fois de plus la cible de la Russie

Un site d’information baptisé Peace Data a été lancé il y a quelques mois. C’est justement ce site Internet qui est au cœur des préoccupations des autorités américaines. De vrais journalistes américains en sont les contributeurs, mais la stratégie est pilotée par la Russie. La ligne éditoriale du site se base sur l’environnement et la corruption des entreprises et des politiques aux États-Unis. Facebook s’était préparé à une telle situation. En lien avec le FBI, le réseau social a rendu publique cette information. Selon Nathaniel Gleicher, responsable de la cybersécurité chez Facebook :

« Cette découverte confirme ce que nous pensions depuis plusieurs mois : des acteurs russes essaient de cibler les élections de 2020 et le débat public aux États-Unis, et ils tentent même d’innover pour ne pas reproduire les erreurs de 2016. La réalité est que cela ne fonctionne pas vraiment ».

Il admet que la campagne de 2016, extrêmement visible et bruyante, a effectivement trahi la volonté de la Russie de vouloir influencer les élections présidentielles américaines, mais qu’elle a été « efficace ». La campagne menée actuellement, beaucoup plus « subtile », n’empêche pas la Russie de se faire prendre mais n’a surtout quasiment pas d’impact sur les électeurs américains. Le site Internet Peace Data avait pour objectif de courtiser les électeurs de gauche, selon Ben Nimmo, membre du cabinet d’étude Graphika, à l’origine d’un rapport sur le sujet. Pour lui :

« Cela ressemble à une tentative de cibler des publics de gauche sur une série de questions, mais l’opération a été démantelée à ses débuts et n’a pas eu d’impact mesurable ».

Objectif : diviser les électeurs démocrates

D’après le rapport de Graphika, l’élection présidentielle américaine n’était pas le seul objectif, mais faisait néanmoins partie du cœur de la stratégie de Peace Data. L’objectif était de diviser les électeurs démocrates, de la même manière que l’IRA a essayé de le faire en 2016. L’un des « journalistes » de Peace Data était en réalité un personnage fictif qui se faisait appeler Alex Lacusta. Il a tenté de partager plusieurs articles du site sur des dizaines de groupes Facebook de gauche, sans obtenir de résultats satisfaisants.

Si le FBI ne peut pas prouver les liens entre Peace Data et le gouvernement russe, l’agence préfère tout de même alerter les réseaux sociaux pour mettre fin à ce genre de campagne. Dans ce cas précis, de véritables journalistes américains ont écrit sur le site sans penser à aucun moment que Peace Data pouvait avoir des liens avec la Russie. Ils ont été recrutés sur un site indépendant appelé Guru. Les sujets proposés étaient les suivants : corruption, abus de pouvoir, violations des droits de l’homme, anti-guerre, etc.

De vrais journalistes et des « faux ». Certains rédacteurs du site étaient effectivement générés par des algorithmes selon Lee Foster, directeur des opérations au sein la société de cybersécurité Mandiant. La stratégie qui consiste à aller chercher de vrais journalistes est plutôt subtile. Elle permet au gouvernement russe de compliquer la tâche au FBI qui ne peut, pour le moment, pas prouver qu’il s’agit d’une opération d’influence.