La vague la plus violente est-elle déjà passée pour le marché de la publicité digitale ? Les acteurs du monde entier s’attendaient à une année 2020 totalement noire. Alors oui, le marché publicitaire a bien été impacté par la crise du Covid-19, mais de premiers signes laissent penser que le pire pourrait être déjà passé. C’est le constat que font Facebook et Google.

La publicité digitale s’en sort plutôt bien

Au début de la pandémie de coronavirus, plusieurs experts de Wall Street s’attendaient à une dévastation du marché de la publicité digitale. Les grands annonceurs comme les acteurs du voyage et de l’automobile ont été touchés de plein fouet. Ils ont évidemment réduit leurs budgets, mais ne les ont pas totalement coupés.

Chez Google, malgré des prévisions catastrophiques et une réduction des budgets marketing, le revenu total du premier trimestre a tout de même augmenté de 13% par rapport au premier trimestre 2019. Une augmentation moins importante que celle imaginée par les analystes, mais une augmentation quand même. Les marques n’ont pas totalement abandonné la publicité digitale.

À côté de ce constat, on observe aussi une augmentation considérable du moteur de recherche de Google depuis quelques semaines. Sundar Pichai affirme qu’à son apogée, l’activité de recherche liée au Covid-19 sur Google Search était quatre fois plus importante qu’au moment du Super Bowl, le point de référence par excellence. Comme le trafic Internet a aussi connu une augmentation de 70% depuis le début du confinement, nous pouvions nous attendre une telle augmentation.

Chez Facebook, les revenus publicitaires ont également augmenté. +17% par rapport à la même période l’année dernière. Alors oui, la pandémie n’était qu’à ses débuts puisque les chiffres s’arrêtent à la fin du mois de mars. Pourtant, Facebook comme Google affirment que les revenus liés à la publicité digitale sur les trois premières semaines d’avril ont montré des signes de stabilité, après une baisse des revenus en mars.

Les réseaux sociaux se sont adaptés à la situation

Les différents réseaux sociaux ont développé de nouvelles fonctionnalités pour aider le entreprises à obtenir le meilleur rendement possible en encourageant une réponse rapide de leur communauté. Snapchat a par exemple mis en place une offre publicitaire ambitieuse basée sur le même principe que le format First View de Twitter. Son nom : First Commercial. Une fonctionnalité qui permet aux marques de payer pour qu’un utilisateur soit le premier à visualiser sa publicité en regardant la section découvrir de l’application

De plus, comme l’explique David Campanelli, directeur des investissements de l’agence de publicité Horizon Media :

« Les prix des publicités chutent lorsque les responsables marketing réduisent leurs dépenses et que la demande en publicité numérique diminue. Les annonceurs en ont profité. Je pense que cela va probablement se poursuivre jusqu’au deuxième trimestre, car nous nous attendons à ce que les prix restent bas dans un avenir proche ».

Malgré ce constat rassurant, Alphabet estime que le deuxième trimestre de l’année 2020 serait tout de même être difficile car les tendances de début avril pourraient ne pas se maintenir. De son côté, Twitter le prédisait : le réseau social a enregistré une baisse de 27% de ses revenus publicitaires sur le premier trimestre de l’année. Fortement axée sur les évènements, la publicité sur Twitter a subi les conséquences du Covid-19 de plein fouet.