Décidément Intel a confirmé lundi son appétence pour les technologies de l’intelligence artificielle. Après les achats de Movidius, Nervana, Altera, Mobileye… Le fabricant de puces rachète Habana Labs pour deux milliards de dollars. L’entreprise, israélienne, permet à Intel de renforcer ses activités IA vers les data center.

IA, secteur porteur

C’est par là que commence le communiqué d’Intel annonçant le rachat, le secteur des puces IA est plein d’avenir. Intel estime qu’il devrait dépasser les 25 milliards de dollars d’ici 2024. Du coup Intel multiplie les investissements dans l’IA, tous azimuts.

En 2017, la start-up spécialisée en IA autour de la circulation Mobileye est rachetée pour 15 milliards de dollars, le siège social d’Intel automobile migre en Israël. Nervana et Movidius ont orienté Intel vers l’IA dans le cloud, etc.

L’achat d’Habanas Labs, une start-up israélienne créée en 2016 s’inscrit dans cette logique, “Cette acquisition fait progresser notre stratégie d’intelligence artificielle, qui consiste à fournir à nos clients des solutions répondant à tous leurs besoins de performances, de l’intelligence la plus poussée au data center“, a déclaré Navin Shenoy, vice-président exécutif et directeur général du groupe Data Platforms chez Intel.

La société Habana est spécialisée dans le deep learning au sein des data center. Elle a lancé en juin son processeur d’entrainement Gaudi AI qui offre des vitesses de traitements très rapides, capables de battre les systèmes basés sur GPU 4x. Un avantage contre le concurrent d’Intel, Nvidia.

Un rachat qui a une petite odeur de revanche après le rachat par Nvidia d’une autre entreprise israélienne sur laquelle lorgnait Intel, Mellanox. Spécialisée dans les solutions réseau, l’informatique hautes performances et le monde des serveurs, entre autres, la start-up avait refusé l’offre d’Intel de 6 milliards de dollars pour être rachetée 6,9 milliards par Nvidia.

Habana Labs, de la collaboration au rachat

Avec Habana Labs le risque d’un tel scénario était de fait limité, Intel Capital étant l’un des investisseurs de l’entreprise. Elle avait organisé une levée de fonds amenant 75 millions à la start-up, qui a en tout levé 120 millions de dollars.

Le président d’Habana, Avidgor Willenz deviendra conseiller d’Intel. L’entreprise restera implantée en Israël où Intel, avec 5 implantations, est l’un des plus grands exportateurs du pays. Les équipes seront maintenues et fonctionneront comme une unité indépendante, placées sous la responsabilité du groupe Data Platforms d’Intel. Avec cet achat supplémentaire, la firme de Santa Clara confirme, s’il le fallait, son statut d’incontournable dans la technologie des intelligences artificielles.