Beaucoup utilisent la plateforme Amazon pour vendre leur produits, parmi eux, nombreux sont des commerces alimentaires ou des vendeurs tiers. Malheureusement certains sont loin d’être scrupuleux, revendant ainsi des produits périmés.

Une réglementation pas toujours appliquée, et pas toujours adaptée

Tandis qu’Amazon reconnaissait cette année qu’un trop grand nombre de contrefaçons circulait sur le site, la plateforme fait désormais face à la revente de produits alimentaires périmés par des vendeurs tiers.

Du lait maternisé pour bébé, de la crème pour café, du boeuf séché ou des barres Granola ont été envoyés alors que la date de péremption était largement dépassée, d’après le témoignage de plusieurs clients. Les défenseurs des consommateurs s’inquiètent de voir ce type de désagrément progresser tandis que le nombre de commerçants et de vendeurs tiers ne cesse d’augmenter depuis les débuts d’Amazon.

Parmi les exemples relevés, des aliments pour nourrissons de la marque Similac ont été écoulés de manière tardive, tandis que des biscuits ont été livrés avec une date de péremption qui dépassait les 6 mois. Autre cas pointé du doigt, la marque de thé Teavana : Starbucks qui possédait des enseignes dédiées à la marque s’est séparé des boutiques concernées, bradant ainsi de nombreux sachets de thés, or certains sont toujours mis en ligne sur le site par plusieurs revendeurs alors qu’ils ne sont plus conformes à la vente.

Photo d'un sachet de thé périmé

Sachet de thé non conforme à la vente -Crédit : Amazon /BFMTV

Thomas Gremillion, directeur du groupe des consommateurs Consumer Federation of America remet en cause l’efficacité de la politique exercée par Amazon au sujet des exigences légales arrêtées : certes les vendeurs doivent garantir que chaque article alimentaire ne soit pas périmé avant 90 jours, au moment de la mise en en vente, mais certains peuvent facilement prendre le risque d’outrepasser cette règle, laissant ensuite le distributeur intercepter ou non les produits périmés.

Sollicités par CNBC, les représentants de la société Amazon ont indiqué que les cas relevés ne sont que des “incidents isolés”, et ne méritent pas une mise en place de “nouvelles mesures de contrôle”. D’après un porte-parole de l’entreprise, les systèmes de contrôle mis en place « combinent des vérifications manuelles et automatiques afin de donner suite aux 22 millions de commentaires reçus chaque semaine, concernant la sécurité sanitaire des produits. Un système qui n’est pas encore assez efficace, manifestement. Amazon encourage simplement les clients à contacter le service clientèle si certains ont des doutes. Il semblerait cependant qu’il n’y ait pas vraiment place au “doute” dans cette affaire : soit un produit indique une date de péremption passée, soit celle-ci est encore valable…

Une enquête du Wall Street Journal avait relevé sur le site en août 2019  la présence de plus de 4000 produits illégaux. Parmi eux, des médicaments non reconnus par l’administration des denrées alimentaires et des médicaments (FDA), ou considérés comme dangereux, avec des produits dépassant le taux de plomb autorisé, ou encore défectueux comme un casque de moto, responsable du décès de son propriétaire, car non conforme à la réglementation préconisée, d’après le journal.

En juillet 2019, le tribunal américain a déclaré que la firme ne peut être tenue responsable des actes des vendeurs, mais qu’elle est responsable de la conformité des produits qui circulent sur le site. Or, 60% des ventes sur Amazon sont réalisés par des vendeurs tiers, tous ne vendent pas de la nourriture, mais le fait n’en est pas moins préoccupant.

La chose est également problématique pour les enseignes dont les produits sont revendus par des tiers. C’est ainsi qu’un porte-parole de Danone s’exprime en expliquant que la réputation des marques est mise en cause, tandis que celles-ci n’ont commis aucune faute. Le laboratoire Abbott, quant à lui, commercialisant les produits Similac, préconise à ses clients de passer commande directement auprès d’eux. D’autres renvoient les clients sur la boutique Amazon officielle, comme le laboratoire Gallia, afin de leur éviter de passer par des vendeurs inconnus.

De quoi inciter les clients Amazon à faire leurs courses auprès d’un commerçant ou d’un producteur local.