Alors que nous apprenions en février dernier que CRISPR pouvait avoir un impact négatif sur les fonctions cognitives de l’Homme, les premiers essais officiels sur un humain viennent d’être rendus publics par des chercheurs américains de l’Université de Pennsylvanie à Philadelphie npr.org. Deux patients atteints d’un cancer, l’un d’un myélome et l’autre d’un sarcome ont reçu des traitement liés à CRISPR après que leur traitement classique ne faisait plus d’effet.

Pour rappel : CRISPR signifie Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats. En français ça donne Courtes Répétitions Palindromiques Groupées et Régulièrement Espacées. Derrière son abréviation, CRISPR a la possibilité de changer la face du monde. Elle peut avoir un impact mondial sur notre santé, jouer ainsi un rôle clé sur les systèmes de santé, mais aussi sur l’agriculture. L’objectif de l’essai en cours aux États-Unis est de permettre aux cellules immunitaires de s’introduire chez le patient dans l’objectif qu’elles puissent détruire les cellules cancéreuses.

La technologie d’édition de gènes CRISPR permet aux scientifiques d’apporter des modifications très précises à l’ADN. La technologie commence maintenant à être utilisée dans des essais sur des humains pour traiter plusieurs maladies aux États-Unis.

En revanche, nous ne sommes pas prêts de savoir si ces tests seront concluants ou non. L’essai rendra des résultats exploitables lorsqu’il aura été testé sur 18 patients. Les chercheurs ne s’en cachent pas : ils craignent que CRISPR ait des effets imprévus sur les cobayes. Des questions éthiques surgissent également. En effet, souvenez-vous de ce chercheur chinois He Jiankui. C’est lui qui a réalisé une fécondation in vitro à partir de l’éditeur de gène CRISPR pour créer des bébés résistants à certaines maladies. Sommes-nous prêts à créer des mutants ?

En novembre dernier, le scientifique Fyodor Urnov, de l’Institut Altius des sciences biomédicales, déclarait qu’il n’était pas nécessaire d’utiliser l’édition de gènes CRISPR directement dans la conception des enfants, mais qu’il valait mieux tester cette méthode sur des adultes atteints de maladies telles que le VIH ou le cancer. De plus, de premiers tests effectués sur des souris de laboratoire ont apporté des résultats positifs sur leur addiction face à la cocaïne avec des gènes modifiés CRISPR.