Si la promesse de travailler pour TikTok peut faire rêver, la réalité, elle, est loin d’être idyllique. Alors que le réseau social le plus en vue du moment a enregistré un chiffre d’affaires de 4 milliards de dollars en 2021, et prévoit d’atteindre les 12 milliards cette année, de nombreux employés sont revenus sur leur éreintant parcours.

Des conditions de travail difficiles chez TikTok

Une enquête parue le 7 mai dans The Wall Street Journal montre les conditions de travail difficiles supportées par les personnes travaillant dans les bureaux de TikTok à Los Angeles. En 2020, la branche américaine du géant des réseaux sociaux comptait près de 1 500 employés et déclarait vouloir porter ce chiffre à 10 000.

Aux États-Unis, les salariés s’occupent principalement de transformer les produits et fonctionnalités, souvent tirées de Douyin, pour le public et le marché publicitaire américain. Cependant, pour atteindre les objectifs fixés par ByteDance, la maison mère du réseau social, de nombreux sacrifices sont faits. Parmi eux, fluctuation de poids, manque de sommeil, temps libres inexistant, etc.

Ce n’est pas la première fois que les conditions de travail au sein de TikTok font des vagues. En mai 2021, des employés de TikTok Europe, basé au Royaume-Uni, ont dénoncé l’utilisation du management « 996 ». Cette méthode principalement utilisée en Chine tient son nom des horaires de travail chinois : de 9h à 21h, 6 jours par semaine.

D’anciens employés ont rapporté être contraints à 85 heures de réunions en moyenne chaque semaine. Les temps de travail débordent sur leur temps de repos, les obligeant à assister à des assemblées avec leurs collègues chinois les week-ends. De ce fait, les semaines de travail débutent le dimanche après-midi, quand c’est déjà le lundi matin en Chine. « La façon dont TikTok traite ses employés est à l’exact opposé des valeurs que prône le réseau social », a déclaré en interne Dylan Juhnke, un employé qui s’est occupé des partenariats pendant deux ans, avant de démissionner.

TikTok a révélé au Wall Street Journal que des ajustements ont été faits dans leur culture du travail afin d’atteindre leur volonté de « construire et promouvoir une équipe qui a les moyens de soutenir notre communauté mondiale en pleine croissance ». Les changements opérés n’ont pas été précisés.

Le même problème pour les modérateurs

Fin mars, d’anciens modérateurs de la plateforme ont porté plainte contre TikTok l’accusant de ne pas les avoir suffisamment protégé des vidéos auxquels ils étaient confrontés.

Ces anciens employés ont mis en avant de longues journées de travail passées à analyser des milliers de vidéos dont certaines étaient « hautement toxiques et extrêmement dérangeantes ». L’entreprise privilégierait la quantité à la qualité en imposant de lourds quotas : 80% de précision dans les décisions après un examen de 25 secondes pour chaque vidéo.

Ils ont également pointé du doigt le peu d’accompagnement psychologique et ont déclaré avoir signé un accord de non-divulgation leur interdisant de partager avec leurs proches ce qu’ils endurent.

Ce n’est pas la première fois que les entreprises derrière les géants des réseaux sociaux sont critiquées pour leurs conditions de travail. Cependant, celles-ci s’améliorent au fil des années. En novembre 2021, ByteDance avait déjà allégé le temps de travail de ses employés après plusieurs protestations. À voir si sa succursale TikTok continuera sur cette lancée.