Les actionnaires d’Activision Blizzard viennent d’approuver, ce 28 avril, le rachat de l’éditeur de jeux vidéo par le géant Microsoft, à 98% des voix. L'acquisition a été annoncée en janvier 2022. Elle avait et continue à faire beaucoup de bruit dans l’industrie vidéoludique, vu la somme engagée, 68,7 milliards de dollars.

Une transaction sous haute surveillance

Il s’agit du rachat le plus cher d’une entreprise du jeu vidéo à ce jour. Avec l’accord des actionnaires, le processus d’acquisition prend une forme plus concrète. Microsoft espère pouvoir ajouter une nouvelle collection d’équipes de développement au sein de la société Xbox Game Studios, qui compte actuellement 23 studios.

Pour la firme de Redmond, ajouter des licences iconiques du jeu vidéo comme World of Warcraft, Call of Duty ou encore Overwatch à son catalogue représente un atout de taille. Face à Sony, son principal concurrent dans le secteur vidéoludique, la société californienne a fait du jeu vidéo une priorité. Ses investissements dans ce secteur ont d'ailleurs porté leurs fruits selon le rapport financier du premier trimestre 2022.

Tout n’est pas encore joué pour autant. Les institutions de régulation du Royaume-Uni, de l’Union européenne ou encore de la Chine doivent d’abord vérifier que tout est en règle avant de valider complètement la transaction. C’est surtout l'antitrust américain qui va être déterminant dans la réalisation de cette opération financière historique. D’après TechCrunch, les investisseurs sont inquiets que Lina Khan, présidente de la Federal Trade Commission aux États-Unis, puisse mettre son veto. Khan est réputée pour son intransigeance envers les géants de la tech. Elle avait posé la dernière brique pour empêcher l’acquisition, déjà peu probable, d’ARM par Nvidia.

Activision, une entreprise à problème

Le conseil d’administration d’Activision a décidé à la majorité que cette opération de rachat était la meilleure chose à faire pour l’entreprise. Malheureusement pour eux, toutes les conditions ne sont pas réunies pour que la transaction se déroule sans encombre. La société est encore empêtrée dans des affaires de harcèlement sexuel et de discrimination.

Bobby Kotick occupe toujours le poste de PDG d’Activision malgré les accusations le concernant. L’homme aurait notamment fermé les yeux sur les cas de harcèlement qui ont eu lieu dans son entreprise. Malgré l’ironie de sa situation, il s’est réjoui de la décision prise par les actionnaires et a déclaré que le rachat de Microsoft va permettre à Activision de « devenir un exemple inspirant d’une entreprise accueillante, respectueuse et inclusive. » Microsoft n’a donné aucune garantie sur l’avenir de Bobby Kotick au sein de l’entreprise, même si ce dernier a affirmé qu’il quitterait l’entreprise s'il n’était pas en mesure de régler les problèmes internes.

La récente annonce de la formation d’un syndicat au sein du studio Raven Software pourrait aussi complexifier l’opération d’acquisition. Activision sera bientôt associé à un moment fort dans l’histoire de la syndicalisation des travailleurs du milieu de la tech aux États-Unis, au même titre que Amazon ou Apple. En effet, une vingtaine d’employés ont voté ce vendredi 29 avril pour rendre officielle la création de leur syndicat.

Entre l'analyse du dossier par les autorités l’antitrust américain et les nombreuses affaires qui pèsent sur l’entreprise, les choses pourraient encore beaucoup évoluer chez Activision et la transaction être impactée. Dans le cas de figure le plus optimiste, l’opération de rachat devrait être bouclée avant juillet 2023.