À partir du 1er mars 2022, les publicités françaises faisant la promotion de véhicules à moteur devront également diffuser un message encourageant à une solution de transport alternative. Une manière de faire similaire aux messages liés à l’abus d’alcool ou aux méfaits de la malbouffe sur les publicités de boissons alcoolisées ou de junk food.

Tous les supports des publicités automobiles sont visés

Imaginé en 2020, l’arrêté a été rédigé par le ministère de la transition écologique et publié ce mercredi 29 décembre dans le Journal officiel. Il stipule que toutes les publicités pour des véhicules à moteur, qu’elles soient diffusées à la télévision, sur Internet, à la radio, au cinéma, sur les panneaux publicitaires ou en imprimé, devront incorporer l’un de ces messages : « pour les trajets courts, privilégiez la marche ou le vélo », « pensez à covoiturer » ou « au quotidien, prenez les transports en commun ». Mis à part à la radio, le texte devra être suivi de la mention « #SeDéplacerMoinsPolluer ».

« Décarboner les transports ce n’est pas seulement passer au moteur électrique. C’est aussi utiliser, quand c’est possible, les transports en commun ou le vélo », déclare Barbara Pompili, Ministre de la Transition écologique, dans un tweet. Les annonceurs ne respectant pas la nouvelle loi s’exposeront à une amende pouvant aller jusqu’à 50 000 euros par diffusion.

En outre, les constructeurs automobiles auront l’obligation d’afficher la classe d’émissions de dioxyde de carbone des véhicules promus, précise Le Monde. Cette dernière mesure est imposée dans les publicités automobiles au niveau européen depuis 2001, mais est dans la majorité du temps effectuée de manière peu visible, en tout petit sur les annonces.

Le traffic automobile représente 15 % des émissions de CO2 en France. Photographie : Nabeel Syed / Unsplash

Le gouvernement nuance sa réponse aux demandes des écologistes

Si ce nouvel arrêté ne permettra pas de faire baisser de manière drastique les émissions de CO2 issues du secteur automobile en France, il a pour but de préparer progressivement les citoyens à la fin du moteur thermique voulue par l’Union européenne en 2035. Dans cette optique, les publicités pour les véhicules les plus polluants seront interdites en 2028.

Par ailleurs, le texte est une réponse nuancée aux demandes des associations écologistes qui préconisaient la fin des publicités pour les voitures. Le gouvernement va ainsi dans le sens des deux parties en ne restreignant pas trop le secteur automobile, déjà en difficulté suite à la pénurie de semi-conducteurs, de la pandémie ainsi que par l’obligation de faire de lourds investissements dans les technologies électriques pour préparer l’avenir.

Lionel French Keogh, PDG de Hyundai en France, assure que ce texte est un « paradoxe » et « contre-productif » car aucune distinction n’est faite entre les différentes motorisations. « Je trouve ça un peu déresponsabilisant. Et ça stigmatise l’automobile. Ça veut dire que globalement, il faut trouver des alternatives à l’automobile. C’est la première fois qu’on a un message assez direct de la part du gouvernement. Mais si je fais un trajet court qui passe par une route nationale, je ne le ferai pas à pied ni à vélo », déclare-t-il.

Pour rappel, le traffic automobile représente 15 % des émissions de CO2 en France.