À l’occasion du Plenum, la réunion des cadres du Parti communiste chinois (PCC), du XIXe comité central organisé du 8 au 11 novembre, la sécurité technologique est ressortie comme l’une des thématiques fortes du programme sécuritaire du pouvoir.

La Chine reste dans le flou autour du programme de « sécurité technologique »

Xi Jinping, secrétaire général du PCC et président de la Chine, aurait insisté lui-même sur la question technologique au cours d’une réunion du Politburo, l’échelon supérieur du parti. Le PCC souhaite renforcer ses mesures de sécurité technologique dans le cadre de son plan quinquennal de développement selon les extraits choisis de l’agence étatique Xinhua, relayé par le South China Morning Post.

Les principaux domaines concernés sont Internet, l’IA et les données. Les propos rapportés restent vagues, actant le besoin de renforcer la « résilience » de la chaîne de valeur chinoise et de « résister aux impacts ».

La rivalité sino-américaine semble à l’évidence derrière ces priorités. Les sanctions prises par l’administration Trump contre le géant Huawei ont marqué les esprits à Pékin. L’autosuffisance technologique est devenue une des priorités de la Chine. Un secteur en particulier est en ligne de mire, celui des semi-conducteurs, longtemps restés dans l’angle mort des autorités. La pénurie mondiale de puces a contribué à inciter la Chine à renforcer sont géants du secteur, la Semiconductor Manufacturing International Corporation (SMIC).

La multiplication des pressions américaines pour limiter les transferts technologiques vers la Chine est l’autre face de cette prise de conscience. Reuters rapporte par exemple que l’entreprise SK Hynix pourrait repousser ses projets d’amélioration de son usine de puces mémoires dans l’Empire du Milieu pour cette raison. Intel de son côté a mis en sommeil son plan d’expansion pour son usine de Chengdu, au sud-ouest du pays. Dans un autre registre, la Chine s’est agacée de voir le leader du secteur, la Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC) accepter de transmettre des données aux autorités américaines.

Un prolongement de la politique actuelle de Pékin ?

Dans le domaine des données justement, Pékin a pris de nouvelles réglementations pour décourager ses géants technologiques à les transférer hors des frontières chinoises. Cette sécurité technologique passe également par des considérations intérieures selon la doctrine de Xi Jinping de 2014, une « approche holistique de la sécurité nationale », c’est-à-dire la lutte contre les menaces idéologiques, économiques, politique et militaire.

Le PIPL, sur la protection des données en est un élément. Les restrictions imposées au secteur de l’éducation privé ou du jeu vidéo en sont d’autres tout comme la fermeté de Pékin envers ses géants technologiques depuis un an. Si aucune mesure concrète n’a fuité sur ce programme de sécurité technologique sur 5 ans, elles seront probablement dans la droite ligne de la politique actuelle de la Chine.