Selon Bloomberg, les efforts menés par Intel afin d’accélérer la production de puces en Chine auraient été contestés par l'administration Biden. L’entreprise américaine souhaite délocaliser la fabrication de ses composants électroniques dans une usine de Chengdu, en Chine, pour la fin de l’année 2022.

Intel souhaiterait délocaliser en Chine pour augmenter sa production de semi-conducteurs

Dans le cadre de sa stratégie de délocalisation et d’augmentation de sa production, Intel est obligé de passer par un financement du gouvernement américain. Si plusieurs sources proches de l'affaire ont déclaré qu’Intel était prêt à mettre en place cette stratégie de production, l’entreprise américaine n’a pas directement reconnu l’influence du gouvernement américain.

« Intel et l’administration Biden partagent l’objectif de remédier à la pénurie actuelle de puces électroniques dans l’industrie, et nous avons exploré un certain nombre d’approches avec le gouvernement américain » a-t-elle précisé. Selon ses dires, l’entreprise avait déjà envisagé plusieurs solutions en collaboration avec les États-Unis, y compris une nouvelle usine aux États-Unis et en Europe. Ces objectifs sont conformes à ceux du gouvernement américain qui invite les constructeurs à fabriquer leurs composants électroniques aux États-Unis.

En octobre, le groupe américain avait créé une unité commerciale traitant de diverses technologies vidéo. Fait à prendre en compte : ce nouveau département se situe en Chine.

Logo d'Intel.

Intel va ouvrir en Chine son prochain département IoT dédié à la vidéo en Chine. Photographie : Julia Hiltscher / Flickr.

L’administration Biden évoquerait des soucis de sécurité nationale

Du côté de l’administration Biden, c’est l’argument de la sécurité qui aurait été évoqué. Depuis son arrivée à la présidence des États-Unis, Joe Biden a toujours été très méfiant face aux technologies chinoises. Même si 100 milliards de licences d’exportation ont été délivrées à Huawei et Semiconductor Manufacturing International Corporation (SMIC), les deux entreprises sont blacklistées aux États-Unis, car elles sont accusées de représenter une menace pour la sécurité nationale des États-Unis.

De plus, même si cet aspect n'a pas été cité par l’administration Biden, l'autre argument pouvant peser dans la balance est celui du développement économique. Joe Biden ne l’a pas caché par le passé : avec la pénurie des semi-conducteurs, il souhaite s’appuyer sur une production aux États-Unis pour relancer l’économie et mettre fin à cette disette en matière de composants électroniques. Une délocalisation en Chine d’Intel serait alors à l’opposé de cette volonté.