C'est ce lundi 12 juillet 2021 que le Bureau européen des unions des consommateurs (BEUC) a annoncé avoir porté plainte contre WhatsApp auprès de la Commission européenne. Le service de messagerie appartenant à Facebook est accusé d'avoir violé de multiples "droits des consommateurs européens" avec la mise en place de sa nouvelle politique de confidentialité extrêmement controversée.

La nouvelle politique de confidentialité de WhatsApp n'est toujours pas la bienvenue

Au début de l'année, WhatsApp annonçait l'imminente mise en place de sa nouvelle politique de confidentialité. Une annonce qui a créé une énorme controverse. Pour cause, en acceptant ces nouvelles conditions, les utilisateurs se voyaient dans l'obligation de partager certaines de leurs données avec Facebook. Face à un accueil pour le moins glacial, le service de messagerie avait alors décidé de retarder la mise en place de ses conditions d'utilisation au mois de mai 2021.

Si WhatsApp expliquait alors que cet ajournement donnerait du temps aux utilisateurs pour comprendre les tenants et les aboutissants de cette mise à jour, il y a fort à parier que c'était avant tout une stratégie pour laisser la polémique s'essouffler d'elle-même. Manque de chance, le Bureau européen des unions de consommateurs n'a pas oublié, bien au contraire.

Des notifications abusives, et un manque de transparence

Appuyé par huit de ses partenaires, dont l'UFC-Que choisir, le BEUC, qui regroupe 46 organisations de défense des consommateurs originaires de 32 pays européens, a déposé une plainte auprès de la Commission européenne et du réseau européen des autorités chargées de la protection des consommateurs. L'organisme accuse notamment le service de messagerie d'avoir envoyé des "notifications persistantes, récurrentes et intrusives visant à pousser les utilisateurs à accepter les nouvelles conditions de WhatsApp". À tel point que le BEUC évoque une "pression indue sur les utilisateurs" qui porte "atteinte à leur liberté de choix".

Monique Goyens, directrice générale du BEUC, détaille : "WhatsApp a bombardé pendant des mois les utilisateurs avec des notifications pop-up agressives et persistantes pour les forcer à accepter ses nouvelles conditions d'utilisation". Pour elle, aucun doute : le service appartenant à Facebook a bel et bien violé les directives européennes sur les pratiques commerciales déloyales.

Outre ce déferlement de notifications, le BEUC reproche également le manque de transparence de WhatsApp. Il juge notamment que le service a "échoué à expliquer dans un langage clair et intelligible la nature de ces changements" et qu'il est, pour cette raison, "impossible pour les consommateurs d'avoir une idée claire des conséquences des changements sur la protection de leur vie privée, notamment en ce qui concerne le transfert de leurs données personnelles vers Facebook et d'autres tierces parties".

Désormais, ce sera à la Commission européenne et aux autorités nationales chargées de la protection des consommateurs de décider si oui ou non, une enquête sera ouverte. Une question sur laquelle l'Inde a déjà tranché au mois de mars, en ouvrant une enquête sur cette même politique de confidentialité.