Les deux employées dont il est question, Emily Cunningham et Maren Costa, avaient publiquement demandé à leur employeur de prendre davantage de mesures pour réduire son impact sur le changement climatique. Comme le rappelle le New York Times, les deux femmes militaient surtout pour qu'Amazon prenne enfin en compte les préoccupations des travailleurs de ses entrepôts. Finalement, elles ont été licenciées de manière illégale.

Deux employées qui dérangent

Amazon reproche aux deux employées de ne pas avoir respecté la politique de communication externe de l'entreprise en s'exprimant publiquement à propos de la stratégie d'Amazon. Les tensions au sein des entrepôts du géant américain se sont intensifiées au cours de l'année qui vient de s'écouler. Le nombre de commandes en ligne a bondi pendant la pandémie et les conditions de travail ne se sont clairement pas améliorées. Amazon compte aujourd'hui presque 1 million de travailleurs partout dans le monde.

Jaci Anderson, porte-parole de l'entreprise a déclaré ceci : "nous soutenons le droit de chaque employé à critiquer les conditions de travail de son employeur, mais cela n'implique pas une immunité générale contre nos politiques internes, qui sont toutes légales. Nous avons licencié ces deux employées non pas pour avoir parlé publiquement des conditions de travail, de la sécurité ou du développement durable, mais plutôt pour avoir violé à plusieurs reprises les politiques internes de l'entreprise".

Emily Cunningham et Maren Costa, toutes les deux conceptrices au siège d'Amazon à Seattle, ont commencé à critiquer l'entreprise publiquement en 2018. Elles faisaient partie d'un petit groupe d'employés qui souhaitaient que l'entreprise fasse davantage pour lutter contre son impact climatique. Un groupe baptisé Amazon Employees for Climate Justice. 8 700 personnes au sein de l'entreprise ont rejoint le mouvement. Ensuite, les deux femmes ont commencé à soulever des préoccupations concernant la sécurité dans les entrepôts d'Amazon.

Amazon a voulu faire un exemple

C'est en avril 2020 que les deux femmes ont été licenciées. Précisément au moment où elles ont annoncé vouloir organiser un événement pour présenter les technologies qui régissent leurs conditions de travail des salariés des entrepôts. Emily Cunningham et Maren Costa étaient les membres les plus médiatisés de l'association et elles savent pertinemment qu'elles ont été licenciées pour cette raison précise. Plusieurs sénateurs démocrates, dont Elizabeth Warren (Massachusetts) et Kamala Harris (Californie), ont écrit à Amazon pour faire part de leur mécontentement. Tim Bray, VP chez AWS, a même démissionné en signe de protestation.

Malgré ces licenciements abusifs, les employés d'Amazon s'apprêtent à former un gigantesque syndicat composé de 6 000 personnes en Alabama. C'est sans aucun doute l'initiative syndicale la plus sérieuse de l'histoire de l'entreprise. Les membres du syndicat ont déclaré que les travailleurs sont soumis à une pression excessive pour produire et qu'ils sont surveillés de près par l'entreprise pour s'assurer que les quotas sont bien atteints. Ils vont se battre pour que cela change.