S’approche-t-on d’un épilogue dans l’affaire qui a lancé la guerre entre les États-Unis et Huawei ? D’après des sources du Wall Street Journal, publiées le 3 décembre, les procureurs américains négocieraient avec les avocats de Meng Wanzhou, directrice financière de l’entreprise et fille de son fondateur Ren Zhengfei, pour abandonner les charges qui pèsent contre elle et la laisser revenir en Chine.

La première bataille entre Huawei et les États-Unis

Meng Wanzhou a été arrêtée le 1er décembre 2018 lors d’un transit à Vancouver, par les autorités canadiennes, sur demande du département de la justice américaine. La guerre commerciale lancée par Donald Trump contre la Chine avait alors déjà commencé, mais l’arrestation de Meng Wanzhou en a tout de suite démultiplié son ampleur. Depuis, Huawei est accusé de tous les maux, ciblé partout par les États-Unis qui l’accusent de vouloir espionner le monde au travers de sa technologie 5G.

En 2018 nous n’en étions pas encore là. La directrice financière de Huawei est, elle, accusée d’avoir contourné les sanctions américaines contre l’Iran, pour continuer à vendre dans le pays. Précisément, la justice lui reproche d’avoir menti aux banques de l’entreprise sur ses liens avec l’Iran et d’avoir, ainsi, participé au blanchiment de centaines de millions de dollars. La Chine, Huawei, et Meng Wanzhou, ont toujours nié ces accusations et reproché aux Américains une décision politique motivée par une guerre commerciale et technologique.

L’élection américaine accélère les négociations pour la libération de Meng Wanzhou

La question de la culpabilité de la cadre de l’entreprise chinoise serait au cœur des négociations avec les procureurs américains. Les contours exacts de ces discussions sont encore inconnus, mais elles se sont largement accélérées en novembre. La justice souhaiterait un certain nombre d’aveux de Meng Wanzhou contre un abandon progressif des charges. En attendant, et depuis décembre 2018 Meng Wanzhou, toujours coincée dans son domicile de Vancouver, bataille via ses avocats pour éviter l’extradition du Canada vers les États-Unis. Elle serait par ailleurs réticente à l’accord, estimant toujours les accusations infondées.

Les élections américaines expliqueraient l’accélération des négociations, l’administration Trump espérant régler ce problème d’ici la fin du mandat. De son côté, le Global Times, le quotidien très proche du pouvoir chinois, voit dans le cas Wanzhou, un biais par lequel la future administration Biden pourrait détendre les relations entre la Chine et les États-Unis.