Il s’agissait d’une rumeur et c’est désormais officiel : Huawei a vendu sa division Honor en conséquence des sanctions commerciales imposées par les États-Unis.

Un aveu de faiblesse ?

Pour comprendre pourquoi la firme est contrainte d’en arriver là, il faut revenir en 2019 lorsque Donald Trump a signé, sous fond de guerre commerciale avec la Chine, un décret faisant perdre à Huawei sa licence Android. Le constructeur est en effet accusé d’espionnage pour le compte du gouvernement chinois, mais c’est également sa montée en puissance dans le monde, mettant en danger la souveraineté technologique américaine, qui a été visée. Depuis, Huawei ne peut plus pré-installer des applications Google dans ses nouveaux appareils, lui portant un préjudice considérable puisque les smartphones en deviennent moins attrayants pour les consommateurs.

Par ailleurs, Huawei est également pénalisée par rapport aux puces de ses mobiles conçues par Qualcomm. La firme en sera bientôt à cours, bien que l’entreprise américaine ait obtenu une dérogation pour produire des puces 4G pour le constructeur chinois, mais pas 5G, ce qui va forcément lui porter préjudice pour les années à venir. Malgré ce parcours semé d’embûches, Huawei a enregistré un chiffre d’affaires en hausse par rapport à 2019.

L’annonce de la vente d’Honor représente toutefois un aveu de faiblesse. Ces smartphones low-cost sont en effet très populaires dans le monde, mais la firme doit se séparer de Huawei pour « assurer sa survie ». Le géant chinois « ne détiendra aucune action ou ne participera à aucune activité de gestion ou de décision dans la nouvelle société Honor ». Cette dernière a été rachetée par un consortium d’entreprises étatiques chinoises, Shenzhen Zhixin New Information Technology Co. Si le montant de la transaction n’a pas été révélé, Reuters a noté qu’elle pouvait atteindre les 15,2 milliards de dollars.

Une guerre commerciale sans merci

Honor a souffert des sanctions infligées par les États-Unis à Huawei : le total des expéditions combinées de Huawei et Honor a diminué de 5% par rapport à l’année précédente au cours du second trimestre 2020, pour atteindre 55,8 millions. Les ventes en Chine ont augmenté de 8%, mais les expéditions à l’étranger ont chuté de 27 %, note Associated Press.

Huawei va donc se concentrer sur la confection de ses smartphones haut de gamme, et travaille à la mise en service de son propre système d’exploitation pour remplacer Google. En plus de cela, les États-Unis tentent également d’empêcher la firme chinoise de déployer ses équipements 5G dans d’autres pays du monde, en Europe notamment. La guerre commerciale qu’elle mène face à la Chine affecte par ailleurs d’autres plateformes issues de l’Empire du Milieu, à l’image de TikTok et de WeChat.