En janvier 2020, Facebook avait prévenu que les publicités politiques ne seraient pas interdites sur sa plateforme. Aujourd’hui, nous apprenons sur Les Échos que les équipes de campagne de Joe Biden et de Donald Trump ont dépensé la somme cumulée de 162,7 millions d’euros rien que sur Facebook. C’est plus du double qu’en 2016…

Les deux équipes de campagne ont dépensé des sommes astronomiques

Cette élection américaine aura au moins permis à Facebook et à Google de s’enrichir un peu plus. La publicité digitale a une fois de plus eu le vent en poupe cette année. Dans le détail, Donald Trump a dépensé 103 millions d’euros à travers le Trump Make America Great Again Committee. De son côté, Joe Biden a dépensé la somme de 81,4 millions d’euros par l’intermédiaire de Biden for President. Ces derniers jours, les américains auront pu constater une présence massive de publicités politiques faisant la promotion de Donald Trump sur YouTube.

Des chiffres records qui s’expliquent. Cette année, contrairement à l’élection de 2016, Twitter avait fait le choix d’interdire les publicités politiques depuis le 22 novembre 2019. TikTok avait également fait ce choix. Les campagnes digitales des candidats se sont donc naturellement portées sur Facebook et Google. Si Twitter et TikTok ont agi ainsi c’est pour une raison précise : les risques réputationnels sont énormes. Facebook et Google risquent de se faire épingler dans les prochains jours. L’entreprise de Sundar Pichai a joué la prudence en limitant le ciblage de ce type de publicité, mais Facebook s’y est refusé. Le groupe de Mark Zuckerberg va être scruté de très près.

Facebook a pris de gros risques

Depuis l’ingérence de 2016 et les campagnes de désinformation massive qui avaient favorisé l’élection de Donald Trump, le réseau social est en ligne de mire des régulateurs. Facebook avait pourtant dit qu’il interdirait les publicités politiques juste avant le jour du scrutin des élections présidentielles. Finalement ce ne fût pas totalement le cas et le réseau social a même été pointé par le camp Biden comme le camp Trump pour avoir désactivé des campagnes légitimes. Selon Facebook : « le problème était technique et généré par un système automatisé, et des publicités des deux côtés du spectre politique ont été concernées ».

Le groupe a tout de même reconnu qu’il éprouvait quelques difficultés… Selon les mots de Mark Zuckerberg, prononcés cet été : « Facebook ne devrait pas être un arbitre de la vérité et ne devrait pas interférer avec le discours des politiciens ». Finalement le réseau s’y est risqué et cela n’a clairement pas été une réussite. Facebook devra très certainement faire face aux régulateurs américains dans les prochains jours. Le risque pris en termes de réputation est énorme.