La Chine développe depuis mai sa propre monnaie numérique, la DCEP (Digital Currency Electronic Payment), familièrement appelée le yuan numérique. L’objectif est pour l’heure de tester la fiabilité théorique, la stabilité du système, la disponibilité fonctionnelle, la commodité des processus, l’applicabilité des scénarios ainsi que la la gestion des risques liés à une telle monnaie.

Dans 4 villes chinoises majeures, dès lors, les employés de la fonction publique étaient payés par l’État chinois à hauteur de 50% en monnaie numérique pour leurs déplacements, afin de mettre la monnaie en circulation. C’est en ce sens l’État du monde que l’on peut qualifier comme étant le plus avancé sur la question. Le pays travaille sur les monnaies numériques de banque centrale (MNBC) depuis 2014, et a même créé en 2017 le “Digital Currency Research Institute”. Cet institut s’occupe de développer, tester, et expérimenter, les devises digitales dans le but d’en instituer une officielle le plus tôt possible.

À Shenzhen, le 12 octobre 2020, le pays a initié un test grandeur nature sous la forme d’une loterie, afin d’évaluer les comportements de consommation des citoyens. Pensé pour promouvoir le yuan numérique, ce projet pilote a distribué une valeur de 200 renminbi (la devise chinoise, dont l’unité de base est le yuan) en yuan numérique aux candidats, afin d’observer comment ils les dépenserait, et avec quelle facilité. Pour la Chine, cette expérimentation quelque peu originale intervient dans le contexte de sa progression rapide en matière de monnaie numérique de banque centrale. La course est rude, entre les États du monde qui bataillent sur la primauté de l’innovation, entre pudeur, précautions, et compétition.

Dans cette lancée, le vendredi 23 octobre, la Banque Populaire de Chine (BPC) a publié un projet de loi qui amenderait celle “de la République populaire de Chine sur la Banque populaire de Chine”. Cette loi est en vigueur depuis son adoption le 27 décembre 2003. Elle décrit le mandat, la structure organisationnelle, les pouvoirs et les restrictions de la BPC.

Le changement principal intervient au chapitre 3, où est désormais précisé que “le renminbi [la devise officielle de la République Populaire de Chine dont le yuan est l’unité de base, ndlr] comprend à la fois une forme physique et une forme numérique”.

Ce projet est pour l’instant ouvert au débat publique, et les citoyens chinois ont jusqu’au 23 novembre pour soumettre leurs commentaires sur l’intention d’amendement. Une chose est sûre, cet amendement a pour but de légaliser officiellement le paiement électronique en yuan numérique (DCEP), la MNBC sur laquelle travaille activement l’Empire du Milieu depuis mai, bien que l’idée soit présente depuis 2014.

Si ce projet devient loi, la DCEP deviendrait officiellement une monnaie légale de l’État chinois. Un projet complexe, qui s’inscrit dans une volonté de domination multiforme de la part de la Chine, et dont le design est singulier, par rapport à celui pensé par l’Europe.

Le yuan numérique : parfait substitut

La DCEP chinoise, pour l’instant, est conçue comme une version digitale du Yuan, la monnaie officielle. Un yuan digital est parfaitement équivalent à un yuan en monnaie fiduciaire. Le système d’émission et de circulation est à deux étages : la Banque de Chine émet la DCEP et en délivre aux banques commerciales qui, en retour, émettent l’argent destiné aux particuliers sous la forme de portefeuille digital auquel on accède via une application mobile autorisée par la Banque Centrale de Chine. De plus, la DCEP sera basée sur le compte plutôt que symbolisée en token, comme il avait été question encore il y a quelque temps. Le “yuan numérique” sera utilisé pour recharger les comptes bancaires, effectuer des virements bancaires, ainsi que des paiements en tout genre.

Récemment, la Chine a déclaré qu’elle allait bientôt commencer à tester un portefeuille hors ligne “dual offline” dans le cadre des tests qu’elle conduit. Annoncé par Changchun Mu, directeur de l’Institut chinois de la monnaie numérique de la Banque centrale, ce portefeuille devrait être lié à un numéro de téléphone, utilisé pour recevoir un code de confirmation.

Cette technologie, comme on peut le constater, n’utilise pas la blockchain, à la différence des théories envisagées par d’autres États. Autre aspect, toutefois plus évident pour une monnaie numérique de banque centrale : le gouvernement chinois ne garantit en aucun cas l’anonymat de ce système, mais s’est engagé à établir un design le plus respectueux possible des données privées, et de la confidentialité des utilisateurs.

Dans un article de Reuters citant la Banque Centrale Chinoise, on apprend que “La Chine a de nombreux avantages et opportunités dans l’émission de devises numériques fiat [monnaie établie comme telle par régulation d’un gouvernement mais sans valeur intrinsèque, ndlr], elle devrait donc accélérer le rythme pour saisir la première place”. Et en effet, l’augmentation constante du nombre de partenaires se joignant à la Banque Centrale dans ce projet de yuan numérique en est bien la preuve. De grosses entreprises chinoises telles que Meituan Dianping (la plus grosse plateforme de vente de gros et de livraisons du pays) ou Didi Chuxing (l’équivalent de Uber en Chine) participent aux tests aujourd’hui. Les millions de clients et les milliards de dollars qu’elles, voient passer chaque jour, se révéler être un moteur pour l’adoption de la DCEP à large échelle.

Un outil de domination diplomatique

Du point de vue de l’intérêt de la Chine, plusieurs rapports parus cet été ont vanté la façon dont la DCEP pourrait potentiellement signer la fin de la domination actuelle du dollar américain dans les échanges internationaux , et perturber le marché mondial des paiements. Selon ces documents, le nouveau yuan digital constituerait une menace pour le système de transactions transfrontalières SWIFT couramment utilisé, en particulier si l’on tient compte de son inefficacité dans le temps par rapport aux transactions cryptographiques presque instantanées.

Il serait bien naïf de n’y voir que des constatations sans calculs ni préméditations de la part du pays. Annie Guo, CEO de Silkpay, société spécialisée dans le paiement, explique dans une interview que la DCEP a été délibérément accélérée dans sa recherche et son développement, et ce, pour des raisons politique et stratégiques. En effet, l’escalade des tensions avec son concurrent diplomatique, technologique, et économique Etats-Uniens donne à la Chine des raisons valides de vouloir se débarrasser de toute dépendance envers le géant. Des années durant, les États-Unis se sont reposés sur leur puissance et leadership évidents, laissant la Chine prospérer. Aujourd’hui, “le dollar américain est la référence pour les échanges économiques internationaux”, et représente plus des quatre cinquièmes de toutes les opérations de change dans le monde. Continuant, la CEO de Silkpay déclare que “de par son caractère virtuel, le e-yuan pourra être plus facilement implémenté dans des pays sanctionnés par les États-Unis et qui menacent d’utiliser la devise chinoise pour réaliser leurs échanges économiques. C’est le cas en Europe et en Afrique notamment”. Par là, la Chine cherche à affaiblir le dollar, et s’imposer comme puissance sur tous les fronts.

Zhou Xiaochuan, qui a dirigé la Banque Populaire de Chine pendant presque vingt ans, a déclaré que la Chine travaillait dur pour établir sa DCEP, mais que son objectif différait de celui du Groupe des 7 (G7 : Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, et Royaume-Uni). Pour le G7, et l’Europe en général dans son projet d’euro numérique, le plus important est de “faire face aux défis soulevés par la Libra, le bitcoin et les monnaies numériques privées similaires ». Elle se trouve dans une position plus “défensive”, où la MNBC et les technologies associées sont vues comme un moyen de combattre la crise, la Libra, ou la pandémie.

Or selon l’ancien directeur, un des facteurs majeurs qui composent la volonté de la Chine à développer le plus rapidement possible sa MNBC est bien précisément la concurrence avec les États-Unis. Le pays souhaite en effet, dans une approche bien plus “offensive” que l’UE, combattre la “dollarisation” de l’économie (le dollar américain étant de plus en plus présent en parallèle ou à la place du yuan dans le transactions).

Aujourd’hui, il existe plusieurs scénarios de formation d’une « multipolarité » de la monnaie numérique. Au milieu de la confrontation commerciale et financière actuelle entre les États-Unis et la Chine, et si le mouvement de la Chine pour étendre sa présence dans l’économie mondiale fait mouche, la conséquence la plus probable serait une transition vers un système « bipolaire » de monnaies numériques : le dollar et le yuan majoritaires, avec un rôle modéré de l’euro numérique et du yen japonais.

Le contrôle et la surveillance accentués grâce au yuan numérique

Un autre aspect motivant évidemment le pays du cyber-contrôle et de l’omni-surveillance est la perspective d’un contrôle financier absolu de sa population. Aujourd’hui, le pays peut compter sur ces même outils qui ont permis son ouverture et son intégration à l’échelle mondiale pour surveiller la population : internet, et la technologie.

Il est indéniable que le développement de l’internet chinois a fait lentement, mais sûrement progresser le pays vers son rôle de géant commercial et technologique. Or, et comme la technologie est un outil neutre dont les bienfaits dépendent de ses usages, c’est aussi ce qui a permis de bâtir le contrôle totalisant du règne de Xi Jinping. En effet, au début des années 2000, la Chine mit en place un vaste projet de télésurveillance en réseau au nom impérial, de Bouclier d’or (jin dun 金盾). Développé par l’entreprise Nortel Networks, ce programme est toujours actif, et permet au ministère de la Sécurité publique de centraliser toutes les données et ressources numériques afin de « défendre l’intérêt du citoyen et améliorer le taux de résolution des affaires criminelles ».

Comme le développe Aurélie Bayen, Enseignante-chercheur à l’UCO Pacifique dans la Revue des Médias : “Ce système de télésurveillance fonctionne à partir de bases de données, avec accès immédiat aux dossiers d’identification de chaque citoyen et des liens vers les réseaux de caméras dotées de logiciels de reconnaissance faciale. En 2009, le MSP déclarait avoir installé plus de 2,75 millions de caméras (…). Onze ans plus tard, ce nombre atteindrait plus de 170 millions de caméras intelligentes interconnectées”.

Dans ce contexte, il est difficile d’accepter pour la Chine que de plus en plus d’entreprises privées drainent les liquidités de ses citoyens, rendant le traçage des transactions plus difficiles. Le marché des paiements mobiles est actuellement dominé par les deux géants Alipay et WeChat Pay, sur lesquels les utilisateurs déposent leur argent, loin du système bancaire traditionnel. Comptabilisant respectivement 230 millions et 200 millions de comptes actifs par jour, ces entreprises technologiques « apportent beaucoup de défis et de risques financiers », selon Yi Gang, gouverneur de la Banque Populaire de Chine.

C’est pourquoi le pays souhaite imposer le plus rapidement possible une monnaie nigitale de banque centrale (MNBC) efficace et plaisante, afin de concurrencer les systèmes de paiement numérique privés. En effet, dans le projet de loi du 23 octobre, cette volonté d’écarter tout concurrent est explicite : le projet de loi interdit à tout individu ou entité de créer ou d’émettre un billet symbolique ou un jeton numérique qui pourrait remplacer la circulation du yuan numérique sur le marché. Il y est précisément écrit que pour “quiconque enfreint une telle réglementation, la Banque Populaire de Chine mettra fin à ses activités, bannira tout produit de la fabrication et de la vente de jetons numériques adossés à des yuans, et émettra une amende pouvant atteindre cinq fois le produit concerné”. De lourdes conséquences, donc, pour ceux qui oseraient se mettre en travers des ambitions de la Chine.

En interdisant les concurrents, la BPC craint que la gestion de la masse monétaire ne soit trop difficile si elle autorise les monnaies numériques privées sur le marché. Selon un rapport du 24 octobre du journal financier japonais Nikkei, cet amendement pourrait également fermer la porte à la Libra de Facebook en Chine. Le monopole est donc engagé. Contrairement à WeChat Pay et Alipay, les commerçants seront obligés de proposer le yuan numérique, ce qui donne déjà une longueur d’avance à la DCEP.

Également, la manière dont sont conçues les MNBC pourrait bien mener à en faire pour la Chine un nouvel instrument de contrôle et de surveillance de sa population. La Banque Centrale, en tant qu’autorité centralisatrice et émettrice de la monnaie numérique, aura accès aux transactions et données qu’elles révèlent. La mise en place du yuan numérique dans la forme voulu actuellement donnerait aux autorités une traçabilité totale de l’utilisation de la monnaie,. appelle cela un « anonymat contrôlable ». C’est ce qui marque l’une des différences majeures avec les cryptomonnaies, effrayant les États de par leur essor, leur attractivité, et leur instabilité. Récemment, la Banque des Règlements Internationaux a affirmé que les MNBC anonymes n’étaient “pas plausibles”.

Même si aucune date officielle de lancement n’a encore été annoncée, tout laisse à penser que le pays obtient, à son goût, de concluant résultats, et que la Chine est sur le point de se placer au rang de premier pays majeur à émettre une monnaie numérique comme devise officielle. Cela pourrait bien atteindre l’objectif de déstabilisation de l’équilibre monétaire international, et remettre en question le quasi-monopole du dollar américain. Pour l’heure, les transactions grossissent : le 2 novembre, lors de la conférence Hong Kong Fintech Week, le gouverneur de la banque centrale parlait d’une valeur supérieure à 299 millions de dollars transférés en yuan digital.

Une réponse à la crise sanitaire et écologique ?

L’engouement récent autour des MNBC apparaît, lui, simultanément à la crise du coronavirus, dont les premiers cas ont été déclarés en décembre 2019 dans la province du Hubei, au centre de la Chine. Dans un monde où les rencontres physiques, les interactions, et les échanges matériels comportent aujourd’hui tant de risques, la monnaie numérique regorge d’avantages salvateurs. Elle pourrait permettre de favoriser la distanciation sociale et s’imposerait comme une alternative crédible, plus saine, plus sûre par rapport à la monnaie physique.

L’un des argument en faveur de telles monnaies va même jusqu’à affirmer que cela s’inscrirait dans la direction écologique et responsable que tentent de prendre certains États, en favorisant une économie résiliente et verte. Dans le cas de la Chine, sa volonté d’innover en matière de paiements accompagne un (surprenant) objectif de neutralité carbone à l’horizon 2060. Effectuée mardi 22 septembre par le président Xi Jinping, cette déclaration marque un pas en avant, pour le premier pollueur mondial, responsable d’un quart des émission de gaz à effet de serre. Les experts sont divisés, sur cette nouvelle tendance écologique chinoise. Certains n’y voient qu’une théorie remplie de bonne volonté mais sans réelles actions, d’autres sont au contraire convaincus que le pays veut prendre le leadership international sur les questions environnementales, notamment par et pour ses industries innovantes. En ce sens, la Chine pourrait présenter sa nouvelle monnaie comme une nouvelle étape dans ses entreprises vers la neutralité carbone, l’innovation, et la digitalisation. Cela pourrait ouvrir la voie à une adoption de plus en plus globale de la MNBC, qui aurait quelques avantages sur le plan environnemental.

En effet, à l’horizon 2030, on évalue que le réchauffement climatique pourrait coûter 2 000 milliards à l’économie mondiale. Bien sûr, la communauté internationale en est consciente, et ce bien avant la Chine : 196 pays se sont même engagés durant la COP21 à oeuvrer pour limiter le changement climatique à travers la fixation des “contribution nationale déterminées” (CDN) de gaz à effet de serre. Ici, c’est un secteur dans lequel une monnaie numérique pourrait se trouver bien utile si elle était utilisée pour les paiements internationaux.

La coopération internationale, au vu du retrait des États-Unis de l’Accord de Paris (l’un des plus gros pollueurs), est limitée dans l’engagement et la responsabilisation qu’elle suscite. Ce type de monnaie MNBC pourrait répondre à la crise climatique qui teinte le 21ème siècle, en représentant un outil facilitant la coopération internationale et l’échange de capitaux liés au changement climatique, ainsi que prévenir et innover sur des projets tentant d’y remédier.

De nombreux modèles développés par les banques centrales des pays du monde entier utilisent en effet la blockchain. Si la possibilité d’échange à l’échelle mondiale était recherchée, et mise en place, centralisée par un organe bancaire international, cela permettrait de monitorer les échanges de CDN qui ont actuellement lieu de manière absurde, et rétablir une responsabilité environnementale.

Aujourd’hui, ces CDN non utilisées sont en effet vendues, les pays développés achetant ceux des pays en développement. Dans l’absolu, pour toutes sortes d’échanges, l’usage de la blockchain serait gage de rapidité, d’efficacité et de sûreté. On pourrait alors y voir aussi un potentiel de renforcement des flux financiers en faveur du climat, puisqu’on aurait la certitude que le financement alloué aux projets et pays soit reçu par leur destinataire de manière transparente.

Utilisés à ces buts philanthropes ou non, les MNBC seront dans tous les cas moins consommatrices d’énergie que le sont les cryptomonnaies, et particulièrement le bitcoin. Utilisant un protocole différent (le bitcoin fonctionnant par preuve de travail, et une MNBC très probablement par preuve d’autorité), l’énergie consommée n’est pas la même. L’électricité utilisée pour le bitcoin produit environ 22 mégatonnes de CO2 par an, selon une étude de la revue scientifique Joule, et est équivalente à la consommation de la Suisse à l’année.

Il est bon de rappeler cependant que la consommation d’énergie est souvent corrélée au niveau de sécurisation qu’offre la technologie, et qu’elle n’est absolument pas le problème en soi. Comme le relate une étude de Blockchain Partner sur l’impact écologique des blockchains et cryptomonnaies : “L’empreinte écologique d’une consommation d’électricité donnée dépend très étroitement…du moyen utilisé pour produire cette électricité. Ainsi, en prenant le cas de la pollution au CO2, une même quantité d’électricité produite peut correspondre à des quantités de CO2 très différentes”.

Il s’agira donc pour les MNBC de s’assurer d’un design équilibré, entre sécurité et durabilité, en travaillant notamment sur la source d’énergie de leurs technologies. Dans ce cas précis, cela pourrait s’avérer être l’occasion d’une impulsion plus puissante des gouvernements vers une production énergétique durable et efficiente. La Chine, qui continue de construire des centrales à charbon, malgré sa volonté annoncée de réduire drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre, pourrait saisir l’opportunité de montrer l’exemple en la matière.

Entre ultra-surveillance et bénéfices pour l’environnement, la MNBC est un sujet complexe. La forme dessiné par la Chine pour son yuan numérique, la DCEP, est singulière par rapport à la vision européenne qui prévoit d’inclure les concurrents privés du domaine dans la gestion de la MNBC. L’Empire du Milieu, lui, souhaite éradiquer tout système de paiement numérique alternatif afin d’obtenir le contrôle le plus absolu des liquidités circulant à l’intérieur de son territoire, mais aussi vers l’extérieur. Toujours en test compte tenu des projets pilotes tel que l’expérience de Schengen ou le portefeuille hors-connexion, le futur yuan numérique est attendu comme produit fini et adopté aux environs 2022. La semaine dernière, Huawei a annoncé que son prochain téléphone permettrait de payer en yuan numérique : un soutien précieux, qui pourrait permettre à la MNBC chinoise de se démocratiser plus vite que prévu. Et compte tenu des enjeux diplomatiques et de politique intérieure, la Chine pourrait bien encore surprendre les observateurs.