La cité-État d’Asie du sud-est accélère son processus de recrutement d’entrepreneurs étrangers qui souhaitent y installer leur entreprise, grâce à un programme de visa spécial avec un important soutien pécuniaire. La plaque tournante financière d’Asie aspire à devenir la référence mondiale pour les FinTech. En effet, le nombre d’entreprises de technologie financière a augmenté de 70% en une année. On recense environ 1000 sociétés aujourd’hui, en partie grâce à sa localisation géographique stratégique, à son secteur bancaire puissant, et à son ouverture à la mondialisation.

Un vaste système de soutien financier pour les étrangers

À Singapour, les entreprises de technologies financières (Fintech) sont majoritairement fondées par des étrangers, qui comptent pas moins que 40% de sa population de 5,7 millions d’habitants. Bien qu’étant un des plus petits États au monde, il dispose d’un vaste système de soutien financier pour ses nouveaux arrivants qui cherchent à opérer à l’échelle mondiale. En effet, un programme accélérateur pour les entreprises à risques est offert par Atler en partenariat avec le gouvernement Singapourien, au pouvoir depuis plus de 60 ans. En participant à ces programmes, les entrepreneurs étrangers peuvent facilement obtenir un visa de travail.

Un faible taux d’imposition pour renforcer son attractivité

La cité-État prospère en attirant de nombreuses multinationales. En effet, 46% de celles-ci choisissent Singapour, grâce à de nombreux accords de libre-échange conclus avec l’Union européenne, la Chine, ou encore les États-Unis. Selon une étude du MAS (Monetary authority of Singapore), on y trouve désormais 400 FinTech, contre seulement 50 en 2015. Notamment grâce à un faible taux d’imposition des sociétés instauré par le gouvernement pour renforcer son attractivité. Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de 100 banques nationales et étrangères qui ont des opérations à Singapour. Les valeurs des actifs bancaires gérés ont été multipliés par 11 en dix ans. Les géants de la high-tech tels que Google, Microsoft, ou LinkedIn ont aussi misé sur Singapour pour établir leur assise régionale en Asie.

De plus, Singapour veut encourager la création de banques numériques, format de plus en plus populaire dans le monde. La Monetary authority of Singapore a d’ailleurs affirmé vouloir délivrer 2 licences bancaires numériques pour Grab et Singtel, justement dans l’optique de libéraliser le secteur bancaire. Une optique qui se confirme puisqu’au début de l’année, l’État a reçu 21 demandes de licences. Paradoxalement, en dépit du fait qu’il y ait beaucoup d’entreprises qui s’implantent à Singapour, il n’y a aucune toujours aucune licorne pour le secteur des FinTech.

Enfin, la MAS a annoncé en août dernier qu’elle investira 184 millions de dollars au cours des prochains mois pour accompagner l’accélération des technologies et des innovations dans le domaine financier. Elle doublera ce financement pour accentuer le développement des technologies innovantes existantes ou en pleine ébullition.

Image du classement des villes où l'on retrouve le plus de FinTech. Source : Findexable / Nikkei Asia.

Classement des villes où l’on retrouve le plus de FinTech. Source : Findexable / Nikkei Asia.

Eldorado des avancées technologiques

L’ancienne colonie britannique, milite encore aujourd’hui pour un État multiculturel, à l’image de leur pluralité d’identités composées de 76% d’origine Chinoise, 15% Malaisienne, et de 7% Indienne. Indépendante depuis 1965, Singapour a fait cavalier seul et a pris de l’envergure sur le plan commercial au fil des années avec un afflux de main d’oeuvre étrangère, notamment venue de Chine et d’Europe. Ce territoire péninsulaire au large du sud de la Malaisie ne cesse d’épater tout un chacun avec ses avancées spectaculaires dans le domaine de la technologie et du monde financier.

Par exemple, l’entreprise britannique Dyson, qui a inventé de nouvelles technologies liées aux aspirateurs et aux sèches cheveux, a misé sur Singapour en y installant son siège social, sans regret. Une avancée technologique sans équivoque : l’entreprise Volvo a testé un bus entièrement autonome avec une capacité d’accueil de 80 personnes, qui ne rejette aucune émission.
Certains appelleront cela une invention, et d’autres un outil à peine masqué pour surveiller la population, un robot nommé Spot a patrouillé dans les rues de la cité-État pour vérifier que les citoyens respectaient bien la distanciation sociale. De plus, L’application mobile SafeEntry obligeait les Singapouriens à s’identifier avec leur téléphone lorsqu’ils entrent ou sortent d’un établissement public.

L’herbe est toujours plus verte ailleurs

Toutefois, Singapour est reconnue pour sa politique de surveillance accrue des citoyens avec son système d’identité basé sur la reconnaissance faciale, et son désir d’équiper sa population d’un bracelet électronique pour contrôler la pandémie de la COVID-19 ou encore d’obliger sa population à installer une application de traçage pour enrayer le virus. En effet, l’expression “l’herbe est toujours plus verte ailleurs” prend tout son sens lorsqu’on se remémore que la peine de mort y est toujours autorisée, sans parler de la presse qui s’auto-censure au risque de représailles. Ce choc des deux mondes n’est pas sans rappeler la montée des inégalités sociales avec la hausse du coût de la vie, et le manque de main d’oeuvre qualifiée, qui pourrait à terme nuire au statut de la Silicon Valley d’Asie qu’occupe la cité-État.