L’interdiction de TikTok aux États-Unis est plus proche que jamais. Dès le 27 septembre 2020, l’application chinoise détenue par ByteDance ne pourra plus être téléchargée sur le sol américain. Quelques semaines plus tard, le 12 novembre 2020 précisément, elle y sera totalement bannie. Pour éviter ce scénario catastrophe, TikTok abat ses dernières cartes en demandant à un juge américain de suspendre le décret signé par l’administration de Donald Trump, rapporte Bloomberg.

Une situation complexe, née des tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis

Le 1er août 2020, Donald Trump affirmait qu’il était sur le point de bannir TikTok des États-Unis pour des raisons de sécurité nationale. Des menaces rapidement mises à exécution à travers différents décrets, obligeant ByteDance à revendre ses activités américaines à une firme originaire du pays de l’Oncle Sam pour pouvoir continuer d’exister sur son sol. Si le délai imposé pour arriver à un accord était extrêmement court (seulement 90 jours), TikTok pensait avoir réussi l’impossible en acceptant de faire d’Oracle « un partenaire technologique de confiance » et en lui cédant une participation de 12,5%. Notons que Walmart fait également parti de l’accord, avec une participation de 7,5%.

Seulement voilà, la situation a pris une nouvelle tournure et a été compliquée par d’une part par Pékin qui refuse d’approuver le rachat forcé de TikTok, et de l’autre par diverses personnalités politiques américaines qui ne voient pas d’un bon oeil l’accord trouvé entre ByteDance et Oracle. Résultat des courses : en attendant une issue à cette affaire, l’application TikTok ne pourra plus être téléchargée sur le sol américain à partir du 27 septembre 2020, avant d’être totalement bannie à partir du 12 novembre de la même année.

TikTok prend les armes

Dans un ultime effort pour éviter ce dénouement, TikTok a déposé une motion auprès d’un tribunal de Washington. L’objectif : demander la suspension du décret signé par l’administration Trump, qui est qualifié d’inconstitutionnel par ByteDance, maison-mère de l’application chinoise. En outre, la firme conteste l’idée que la mesure de l’administration Trump soit fondée sur des craintes pour la sécurité nationale des Etats-Unis. Elle explique notamment dans le document judiciaire qui a été déposé :

« Comme l’ont prouvé des déclarations peu claires et contradictoires du président et d’autres responsables ces derniers mois, les interdictions n’étaient pas motivées par une vraie inquiétude sur la sécurité nationale, mais plutôt par des considérations politiques liées aux élections générales à venir ».

TikTok affirme également que « si les interdictions ne sont pas suspendues, les dommages causés aux plaignants seront irréparables« . Ces arguments seront-ils suffisants pour être entendus par la justice américaine ? Réponse aujourd’hui, jeudi 24 septembre 2020, date à laquelle l’audience se tiendra dans un tribunal fédéral de Washington.