Le service de visioconférence Zoom ne vendra plus de nouveaux produits directement aux utilisateurs venant de Chine, apprend-on ce lundi 3 août. Toutefois, ses services continueront d’être proposés dans l’Empire du Milieu, mais par l’intermédiaire de partenaires tiers.

Des partenaires tiers prennent le relai

Ce lundi, les utilisateurs de Zoom se trouvant en Chine ont reçu un email les informant que l’entreprise arrêtera prochainement la vente directe de ses produits dans l’Empire du Milieu, pour passer à un modèle de partenariat exclusif. Selon la firme, cela permettra aux utilisateurs chinois de bénéficier d’une « meilleure assistance locale« .

Sur le site chinois de l’entreprise, on peut lire : « Chers clients, nous vous remercions d’avoir choisi nos services. Nous tenons à vous informer que nous ne vendrons nos services en Chine continentale que par l’intermédiaire de nos partenaires. Si vous avez besoin d’une vidéoconférence en ligne, vous pouvez vous adresser à nos partenaires« .

Ainsi, dès le 23 août 2020, les utilisateurs chinois pourront profiter des services de Zoom en passant par des partenaires tels que Bizconf Communications, Suiri Zhumu Video Conference, et Systec Umeet. Notons également que « les utilisateurs en Chine continentale peuvent continuer à participer aux réunions de Zoom en tant que participant« , rapporte un porte-parole de la firme.

Zoom prend ses distances avec la Chine

Par le passé, les activités de Zoom en Chine ont soulevé de nombreuses inquiétudes de la part du gouvernement américain, mais aussi de la part de militants des droits de l’homme et des défenseurs de la vie privée. Tous craignaient les liens étroits entretenus par le service de visioconférence avec le gouvernement chinois. Des craintes qui n’ont fait que s’accentuer lorsque la société a admis, en début d’année, avoir fait passer par erreur certaines réunions par des serveurs situés dans l’Empire du Milieu.

Pire encore, l’entreprise américaine a reconnu avoir accédé à des demandes du gouvernement chinois pour fermer les comptes de militants aux Etats-Unis et à Hong Kong qui voulaient utiliser son application de vidéo-conférence afin de commémorer la répression meurtrière chinoise de Tiananmen. Pour ne rien arranger, l’équipe de développement de l’entreprise est « en grande partie » basée en Chine.

En arrêtant ses ventes directes en Chine, Zoom tente de prendre ses distances avec l’Empire du Milieu et envoie un signal d’apaisement au gouvernement américain, sûrement dans l’objectif de regagner sa confiance. C’est finalement la suite d’une stratégie déjà adoptée en mai, mois durant lequel la société américaine avait annoncé la suspension de nouvelles inscriptions gratuites pour les utilisateurs chinois ; seuls les nouveaux utilisateurs s’inscrivant par l’intermédiaire de représentants commerciaux autorisés pouvaient alors accéder aux services de Zoom.