Des chercheurs de l’Université nationale de Singapour viennent de publier les résultats d’une étude particulièrement intéressante. Ils sont parvenus à transformer des pneus usagés en caoutchouc, en aérogel.

Des ingénieurs singapouriens transforment des pneus en aérogel.

Crédit : NUS

Comment donner une deuxième vie aux pneus usagés ?

Tous les ans, nous rejetons environ un milliard de pneus usagés dont le taux de recyclage est très mauvais. Ce n’est pas une surprise, le caoutchouc n’est pas biodégradable et par conséquent, cette matière est très polluante pour notre planète et notamment pour nos océans. Si à ce jour, 40% des pneus sont déjà recyclés, ce n’est pas suffisant pour réduire drastiquement notre empreinte carbone.

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En réalité, les pneus polluent de plusieurs manières. Leur fabrication est polluante, leur utilisation sur nos routes produits des particules fines et leur incinération produit également de la pollution. Bref, un cycle de vie particulièrement néfaste pour notre planète. C’est pour cette raison qu’une équipe d’ingénieurs de l’Université nationale de Singapour s’est penchée sur le sujet. Les chercheurs ont réussi à à réduire les pneus usagés en fibres de petite taille, puis en aérogel.

Pour le professeur Duong Hai-Minh : « ce processus de fabrication est simple, rentable et respectueux de l’environnement. L’ensemble du processus prend entre 12 et 13 heures et il coûte moins de 10 dollars singapouriens (6,45 euros) pour produire une feuille d’aérogel de caoutchouc d’une superficie d’1 m² et d’une épaisseur d’1 cm. Le processus peut également être facilement étendu à une production en série. Cela fait des aérogels en caoutchouc un produit commercialement attrayant ».

Ce procédé permet aux chercheurs d’obtenir un aérogel extrêmement léger et d’une excellente qualité en comparaison avec les mousses existantes sur le marché. Les ingénieurs singapouriens estiment que cet aérogel pourrait servir d’absorbant, notamment pour la gestion des déversements d’hydrocarbures. Le professeur Nhan Phan-Thien précise que : « le potentiel commercial des aérogels est énorme. Par exemple, l’isolation phonique et le confort thermique des véhicules sont essentiels dans la conception des véhicules ».

De plus en plus d’alternatives au caoutchouc

D’autres initiatives doivent permettre de réduire l’empreinte carbone des pneus. Michelin a par exemple annoncé vouloir lancer des pneus sans air d’ici 2024. Des pneus qui semblent tout droit sortis du futur. Des tests sont déjà en cours sur des véhicules électriques.  Une nouvelle génération de pneus qui pourrait changer beaucoup de choses.

De son côté, la NASA a inventé des pneus en titane pour ses robots d’exploration. Reprenant la même conception que les cottes de mailles, ce pneu résiste mieux aux déformations tout en étant increvable, puisqu’il ne s’agit plus d’air. Difficile d’imaginer des pneus en titane commercialisés à grande échelle, mais qui sait…