Ce jeudi 16 janvier, quatre startups ont traîné Facebook devant la cour fédérale des États-Unis pour pratique anticoncurrentielle. Cette plainte est basée sur des documents internes du réseau social qui expliquait fermer l’accès à ses données utilisateurs à certaines applications.

Une fuite de documents à l’origine de la poursuite

Tout commence en 2012, tout juste entré en bourse Facebook cherche à améliorer ses revenus. L’un des employés de la firme de Palo Alto propose alors de fermer à certaines entreprises, qui ne dépensaient pas suffisamment, l’accès à ses données. Une information issue de mail interne sortie en partie dans les médias en 2018.

En novembre 2019, à l’occasion d’un autre procès, pour pratiques anticoncurrentielles, mené par la startup aujourd’hui disparut Six4Three, plus de 7 000 documents ont été divulgués correspondant à la période 2011-2015. Les documents mettent en lumière les stratégies de Mark Zuckerberg et ses employés pour étouffer toute concurrence potentielle dans l’œuf.

C’est sur la base de ces documents que quatre startups, Reveal Chat, une messagerie, Lenddo, un service de prêt, Cir.cl, un marché en ligne et Beehive, un service de vérification d’identité poursuivent Facebook. Ils ont demandé devant la cour district nord de la Californie un recours collectif ainsi que des dommages et intérêts d’une valeur non précisée leurs soient versés.

Yavar Bathaee, l’un de leurs avocats explique, relayé par NBC News, « Facebook était confronté à une menace existentielle provenant des applications mobiles, et bien qu'il aurait pu réagir en se faisant concurrence sur le fond, il a plutôt choisi d'utiliser sa puissance pour éliminer intentionnellement sa concurrence ». L’avocat ajoute que Facebook pèse de tout son poids pour étouffer toute entreprise risquant de lui faire concurrence.

Facebook nie en bloc

De son côté, Facebook s’est défendu en arguant que la poursuite n’avait pas de base juridique solide, « Nous évoluons dans un environnement concurrentiel où les gens et les annonceurs ont de nombreux choix. Dans l'environnement actuel, où les avocats des plaignants voient des opportunités financières, des réclamations comme celle-ci ne sont pas inattendues, mais elles sont sans fondement ».

Sûr de son bon droit, le porte-parole de Facebook explique ne pas revenir sur la décision prise par le réseau social, de ne pas partager les informations des utilisateurs avec des applications comme Six4Three. Ce sera donc à la justice américaine de trancher.