Le service de paiement mobile d’Apple suscite des inquiétudes du côté des autorités de l’Union Européenne. Un examen minutieux est en cours.

Les régulateurs européens voient une concurrence déloyale

Margrethe Vestager, commissaire européenne désignée à l’Europe numérique et à la Concurrence, s’inquiète du monopole détenu par Apple dans le domaine du paiement mobile. En effet, suite à un questionnaire auquel de nombreux commerçants ont répondu, le manque de concurrence dans les nouveaux moyens de paiement ressort largement et cela a de quoi éveiller la curiosité des régulateurs européens.

Lancé en 2014, Apple Pay est aujourd’hui disponible dans plus de 50 pays, notamment dans 20 États membres de l’Union Européenne. Arrivé en France en 2016, ce service séduit aujourd’hui de nombreux utilisateurs : 383 millions de personnes l’utilise dans le monde, ce qui équivaut à 43% des propriétaires d’un iPhone. À ce jour, 1,8 milliard de transactions ont été enregistrées sur Apple Pay.

Oui mais voilà, Apple Pay a fait l’objet d’un examen minutieux de la part des autorités de réglementation européennes. Margrethe Vestager précise que : “nous avons posé un certain nombre de questions aux utilisateurs d’Apple Pay et aux équipes d’Apple parce que nous avons de nombreuses préoccupations en ce qui concerne le service de paiement de l’entreprise américaine, pour des raisons de concurrence déloyale potentielle”.

Un mouvement antitrust est en marche

Depuis juillet dernier, le ministère américain de la Justice a officiellement lancé une enquête antitrust contre les GAFA, pour tenter de comprendre dans quelles mesures leurs pratiques commerciales pouvaient être considérées comme anticoncurrentielles. C’est précisément ce que cherchent à comprendre les régulateurs européens en s’attaquant à Apple Pay. Les géants technologiques profitent-ils de leur position dominante sur le marché ? C’est toute la question.

La firme de Cupertino affirme que sa solution est la plus sûre du marché. Très bien, mais cela ne suffira pas à convaincre Margrethe Vestager, connue pour être particulièrement stricte envers les entreprises technologiques.

La commissaire européenne s’est forgée une réputation de dure à cuire à force d’infliger de lourdes amendes, le plus souvent pour des pratiques d’abus de données personnelles ou de concurrence déloyale. On se souvient notamment de l’amende record de 4,34 milliards d’euros infligée à Google en 2018.