Comme le rapporte le Post, les autorités américaines s’apprêtent à prendre des mesures contre Ali Alzabarah et Ahmad Abouammo. Ces deux anciens employés de Twitter auraient profité de leur accès au réseau social pour surveiller plusieurs dissidents pour le compte de l’Arabie saoudite.

L’Arabie saoudite n’a pas froid aux yeux

Aux États-Unis, cette affaire fait beaucoup de bruit. En effet, le ministère de la Justice du pays a accusé Ali Alzabarah et Ahmad Abouammo d’avoir utilisé leur accès privilégié chez Twitter pour surveiller plusieurs comptes de “dissidents”. Pour les États-Unis cela ne fait aucun doute : les deux hommes auraient agi pour le compte du gouvernement saoudien. Un troisième homme est accusé dans cette affaire. Il se nomme Ahmed Almutairi. Ce dernier n’était pas employé chez Twitter mais d’après les autorités du pays, il aurait servi d’intermédiaire entre le gouvernement saoudien et les deux employés de Twitter dont il est question.

Ahmad Abouammmo était un citoyen américain mais Ali Alzabarah avait lui la nationalité saoudienne. Grâce à son rôle chez Twitter, ce dernier aurait obtenu des renseignements personnels sur plus de 6 000 comptes, dont celui d’Omar Abdulaziz, l’un des alliés de Jamal Khashoggi (un journaliste saoudien considéré comme un dissident au gouvernement du pays et assassiné pour cette raison le 2 octobre 2018 au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul).

Objectif : espionner les dissidents au gouvernement

D’après les informations dont dispose le ministère de la Justice, les trois hommes auraient été associés à Bader Al Asaker, un fonctionnaire saoudien qui dirige une organisation caritative appartenant au Prince héritier Mohammad bin Salman. Les autorités américaines sont convaincues qu’Asaker avait conditionné les deux anciens employés de Twitter dès 2014, dans le but d’obtenir des informations. L’un des deux hommes aurait touché 300 000 dollars (270 000 euros) tandis que l’autre était devenu le directeur du bureau privé de bin Salman.

Si c’est la première fois que les procureurs fédéraux américains accusent l’Arabie saoudite d’espionnage, en 2018 nous avions déjà des doutes sur une infiltration chez Twitter. En effet, le New York Times partageait en octobre 2018 un rapport détaillant les actions menées par l’Arabie saoudite pour lutter contre la dissidence sur les réseaux sociaux. L’affaire serait en lien direct avec l’assassinat de Jamal Khashoggi à Istanbul. De plus en plus, les gouvernements utilisent Twitter comme un véritable champ de bataille politique, mais cette fois-ci l’Arabie saoudite a été beaucoup trop loin.