Bien que M, l’assistant personnel de Messenger ait été abandonné en ce début d’année après deux ans d’activité aux États-Unis, Facebook ne baisse pas les bras concernant les chatbots.
Le réseau social souhaite aujourd’hui que vous discutiez avec un chatbot comme si vous parliez avec n’importe qui, c’est-à-dire de tout et de rien.

Dans un article publié cette semaine, le FAIR (le laboratoire de Facebook spécialisé en IA) explique échouer dans cette mission pour plusieurs raisons. Les chatbots ne présentent pas de personnalité cohérente, car ils ont plusieurs conversations avec différentes personnes. Ils ne retiennent pas ce que leurs interlocuteurs disent et enfin face à une question qu’ils ne comprennent pas, ils répondent par une réponse automatique ou par un « je ne sais pas ».

[PERSONNE 1:] Ah ouais ? J’aime bien un bon steak. Et toi ?
[PERSONNE 2:] Père disait toujours que si on avait l’argent que tu as … on mangerait du steak et de la crème glacée trois fois par jour ! 
[PERSONNE 1:] Je mange tout le steak et le poulet aussi, même le bacon. 
[PERSONNE 2:] Père disait toujours que si on avait l’argent que tu as … on mangerait du steak et de la crème glacée trois fois par jour ! 
[PERSONNE 1:] Ouais, tu as déjà dit cela 
[PERSONNE 2:] La structure dynamique peut absorber les chocs. 
[PERSONNE 1:] Oui, c’est possible. Je le sais en tant que bodybuilder. 
[PERSONNE 2:] Mesdames et messieurs, l’homme le plus fort du monde fait sauter une bouillotte.

Sur l’extrait ci-dessus, la personne 1 représente un humain et la seconde un chatbot entrainé avec des sous-titres de films. On peut ainsi voir que la conversation n’a aucun sens et qu’il s’agit juste de réponses « pré-enregistrées ».

Facebook ne veut pas que les chatbots questionnent uniquement les interlocuteurs, l’entreprise américaine souhaite créer de réelles conversations. Grâce à son laboratoire spécialisé en IA, le réseau social cherche à développer une personnalité aux chatbots avec des centres d’intérêts.

En utilisant leur propre base de données : Persona-Chat, composée de plus de 160 000 lignes de dialogue provenant d’échanges sur la plateforme Amazon Mechanical Turk, les ingénieurs de Facebook ont pu entraîner le chatbot pour qu’il tienne une réelle conversation avec un humain.

[PERSONNE 1:] Je viens de finir de jouer au foot. Qu’est-ce que tu as fait ? 
[PERSONNE 2:] Je n’ai pas d’animaux de compagnie. Je passe mon temps libre à écrire. Et toi, alors ? 
[PERSONNE 1:] Je viens d’obtenir mon diplôme universitaire. Je cherche du travail. 
[PERSONNE 2:] Oui, j’ai obtenu mon diplôme en écriture et poésie. 
[PERSONNE 1:] Avez-vous quelque chose de publié ? 
[PERSONNE 2:] J’écris principalement des romans de fiction.
[PERSONNE 1:] Vous aimez regarder du sport ? 
[PERSONNE 2:] Vous aimez King of Léon ? Ma chanson préférée est Use Somebody 
[PERSONNE 1:] Tu es marié ? Je vais me marier bientôt. 
[PERSONNE 2:] Hahaha, pas le temps. J’ai un roman à finir.

Sur le dialogue ci-dessous, on observe une conversation entre un humain (Personne 1) et le chatbot entrainé via la base de données, Persona-Chat (Personne 2). Le résultat n’est pas parfait, mais on ressent bien l’intérêt du chatbot : les romains d’amour.

Ainsi, pour que les chatbots aient de réelles conversations avec les utilisateurs il leur faut une personnalité avec des centres d’intêrets, comme pour un humain ! Pour cela il faudrait des bases de données alimentées en permanence.
Vous parlez ainsi météo et infos avec Alexa ou Siri, des assistants vocaux sans personnalité. Vous pourrez peut-être, dans quelques années discutez de sujets plus «larges» avec un chatbot sur Messenger.

Source : The Verge