Pour réduire leur dépendance à la Chine, les États-Unis et le Japon vont de nouveau collaborer au travers de ce partenariat entre IBM et Rapidus. Ensemble, les deux sociétés fabriqueront des puces de 2 nanomètres.

Un accord de collaboration entre Rapidus et IBM

Ce nouvel accord entre IBM et Rapidus intervient alors que les tensions entre les États-Unis et la Chine se sont accrues au cours des derniers mois, notamment autour des semi-conducteurs. De son côté, le Japon fait tout son possible pour « rattraper son retard en matière de fabrication de puces ». Le pays du soleil levant a également noué un partenariat avec la Belgique, là aussi pour l'aider à produire des semi-conducteurs de 2 nanomètres à l’horizon 2027.

Depuis plusieurs semaines, Washington a restreint l'accès de Pékin aux technologies avancées des semi-conducteurs et a demandé à ses alliés, dont le Japon, de faire de même. Au cours des 30 dernières années, le Japon a perdu de sa superbe en matière d'innovation technologique et n'est plus capable aujourd'hui de rivaliser avec les géants asiatiques, américains et européens. En 2022, le pays connaît un sursaut et fait tout pour que ses constructeurs automobiles et ses entreprises de la tech ne passent pas à côté de ce composant clé.

Comme le rappelle Atsuyoshi Koike, PDG de Rapidus, lors d'une conférence de presse à Tokyo, « il faudra plusieurs milliers de milliards de yens pour lancer la production pilote ». Il n'a pas précisé d'où viendrait l'argent, ni où l'entreprise fera sortir de terre sa fonderie au Japon. Le mois dernier, le ministère japonais de l'Industrie et du Commerce a déclaré qu'il investirait 70 milliards de yens (500 millions de dollars) dans Rapidus, une entreprise pilotée par les géants japonais Sony et NEC.

Un montant modeste dans le monde de la fabrication de puces, où les usines peuvent coûter des dizaines de milliards de dollars. Certaines sources affirment que d'autres investissements sont prévus. Le directeur de la recherche d'IBM, Dario Gil, a déclaré que les deux sociétés travailleraient ensemble pour fabriquer les puces de 2 nanomètres du géant américain. Celles dévoilées l'année dernière.

Dans l'industrie des puces, le « nanomètre » fait référence à une technologie spécifique plutôt qu'à une mesure. En général, plus le chiffre qui précède le mot « nanomètre » est petit, plus la technologie de la puce est avancée. Aujourd'hui, la fonderie de Rapidus fabrique une puce de 40 nanomètres. Selon Dario Gil, il y a du travail, mais « ce n'est pas comme si vous partiez de zéro ». Dans le cadre de leur accord, les scientifiques et les ingénieurs de Rapidus travailleront aux côtés d'IBM au Japon et également au sein du complexe Albany NanoTech dans l'État de New York.