Le centre de recherche belge, spécialisé dans la miniaturisation des puces, aidera Rapidus, consortium japonais créé en novembre 2022, à atteindre son objectif de produire des semi-conducteurs de 2 nanomètres à l’horizon 2027. Les composants électroniques seront produits au Japon.

Cet accord de coopération transnational veut concrétiser l’ambition japonaise de produire des puces de nouvelle génération, capables de rivaliser avec les productions taïwanaises, sud-coréennes et américaines.

Le 11 novembre 2022, Yasutoshi Nishimura, le ministre japonais de l’économie, du commerce et de l’industrie dévoilait la nouvelle orientation prise par le gouvernement japonais dans le secteur des semi-conducteurs. Face aux troubles géopolitiques et aux incertitudes sur ses capacités d’approvisionnement, le Japon a décidé de rattraper son retard en investissant massivement dans la production de semi-conducteurs et en développant des partenariats stratégiques. La création de Rapidus, consortium réunissant huit entreprises, dont Sony et Toshiba, est la pierre angulaire de sa nouvelle orientation économique.

Pourtant, de la fin des années 1980 jusqu’au début des années 2000, le Japon dominait le secteur des semi-conducteurs. Mais l’émergence de Taïwan comme puissance économique est venue renverser l’ordre établi. Une des raisons expliquant l’échec japonais à conserver sa place de chef de file est sa réticence à coopérer avec des acteurs étrangers.

Les leçons semblent donc avoir été apprises. Yasutoshi Nishimura déclarait lors de la signature de l’accord que « la coopération avec l'Imec dans le domaine de la production de semi-conducteurs au sein de son centre de recherche international, qui se classe parmi les meilleurs d'Europe, est extrêmement importante ».

Le centre de recherche, situé à Louvain, accueillera et formera des ingénieurs japonais. Rapidus et Imec collaboreront également avec le « Leading-edge Semiconductor Technology Centre (LSTC) », un centre de recherche et développement japonais dédié aux semi-conducteurs de pointe.

L’initiative belgo-japonaise pourrait être le point de départ d’une coopération plus vaste. Masakazu Tokura, président de la Fédération des Organisations Économiques Japonaises, a appelé à renforcer la collaboration des deux pays dans d’autres secteurs clés, dont les technologies vertes et la cybersécurité.

Mise à jour : une erreur s’était glissée dans la précédente version de notre article. En effet, nous avons localisé le centre de recherche à Bruxelles. Le siège social se trouve en réalité à Louvain, dans la région flamande. L'Imec possède également des bureaux dans d'autres villes belges, dont Bruxelles.