Une vingtaine de partenaires prévoient de lancer une infrastructure pour permettre le développement des NFT en Chine, via le Blockchain Services Network (BSN), soutenu par l’État. Les certificats numériques diffusés via BSN ne prendront pas en charge les cryptomonnaies.

La Chine et la Blockchain, une relation complexe

La Chine s’est fermée aux cryptomonnaies, en attendant son yuan numérique, et reste réfractaire à la blockchain. Un système décentralisé favorisant l’anonymat ne plaît pas au régime autoritaire de Pékin. Selon la loi l’État doit pouvoir contrôler l’identité de ses citoyens sur toute plateforme numérique. Pour prévenir les activités « illégales », bien sûr.

Il n’empêche, la Chine comme ses géants du numérique ne désirent pas passer à côté de cette technologie, que certains imaginent déjà comme le futur web3. Alibaba et Tencent ont chacun sorti une plateforme pour commercer des NFT en août. Les « jetons non fongibles » ont été prudemment renommés « objets de collection numériques » en octobre pour éviter la colère de Pékin. Baidu, JD.com ont suivi l’exemple.

Pékin a décidé de s’y mettre, via BSN, rapporte le South China Morning Post. He Yifan, directeur général de Red Date Technology, décrit le Blockchain Services Network comme une version adaptée de la blockchain aux exigences légales chinoises. Il est soutenu par une myriade d’entreprises publiques telles que China mobile ou China UnionPay.

L’infrastructure BSN-Distributed Digital Certificate (BSN-DDC) doit faciliter la création de sites ou applications pour gérer, échanger des NFT. Elle promet des interfaces de programmation d’applications pour les entreprises ou particuliers. Naturellement, seuls les yuans sont autorisés sur les plateformes qui en sont issues.

Le marché des NFT chinois en passe d’être déréglé ?

BSN-DDC intégrera une version adaptée de la blockchain Ethereum et Corda, selon les informations en provenance de Hong Kong. La blockchain chinoise Fisco Bcos de WeBank, soutenue par Tencent, serait aussi du rendez-vous. Les plateformes issues de BSN-DDC pourront émettre un NFT à la compatibilité large pour 0,7 centime.

Avec un tel tarif, la rentabilité du service, environ 10 millions de NFT créés, sera dure à atteindre. Le South China Morning Post, propriété d’Alibaba, entreprise propriétaire d’une plateforme d’échange de NFT, redoute que le marché s’en trouve perturbé.

He Yifan s’est montré rassurant. Il rappelle que les NFT, pour le moment cantonné au monde de l’art, pourraient s’imposer rapidement comme un outil de gestion de certificats, utile pour les plaques d’immatriculation, des diplômes scolaires, etc. BSN-DDC doit entrer en service d’ici la fin janvier.