Voilà une nouvelle mesure taïwanaise radicale qui ne devrait pas plaire au gouvernement de Xi Jinping... Pour lutter contre la fuite des cerveaux vers le continent chinois, et dans un contexte de tension entre Taipei et Pékin, Taïwan vient d'interdire à ses ressortissants de postuler aux offres d'emploi situées en Chine.

Taipei veut protéger son industrie des semi-conducteurs

Le ministère du travail a déclaré il y a quelques jours que toutes les sociétés taïwanaises et étrangères présentes sur l'île n'ont plus l'autorisation de publier d'offres d'emploi pour des postes situés en Chine. Une restriction qui va s'appliquer en premier lieu dans des secteurs très critiques tels que les semi-conducteurs et les nouvelles technologies. Cette mesure va évidemment mettre à mal les ambitions de Pékin qui fait tout pour développer l'industrie des semi-conducteurs sur le continent, dans un contexte de pénurie mondiale.

La Chine aurait justement aimé recruté de nombreux ingénieurs taïwanais, réputés pour leur savoir-faire dans ce domaine. Le ministère du Travail précise dans son communiqué de presse que : "en raison des tensions géopolitiques entre les États-Unis et la Chine, le développement des semi-conducteurs en Chine a subi quelques revers et la Chine est donc devenue plus agressive dans le ciblage et le recrutement des meilleurs talents taïwanais dans le domaine des puces afin de contribuer à la mise en place d'une chaîne d'approvisionnement autosuffisante".

Les relations se tendent entre Taïwan et Pékin

À partir de maintenant, il est strictement interdit aux chasseurs de têtes de travailler pour une entreprise qui cherche à recruter sur le continent chinois. Le ministère se réserve le droit de délivrer des amendes en cas d'infraction et : "si le recrutement concerne le secteur des semi-conducteurs, la sanction sera encore plus lourde". Taïwan compte bien conserver ses avantages, au moins dans ce domaine, face au géant chinois. 104 Job Bank, la plus grande plateforme de recrutement taïwanaise, a d'ores et déjà imposé la suppression des annonces pour des postes en Chine.

Depuis plusieurs années, TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing) est dans le viseur du gouvernement chinois. La plus grosse usine de semi-conducteurs au monde fait rêver Pékin. La Chine tente par tous les moyens d'attirer les ingénieurs taïwanais sur le continent. Plus de 100 employés de l'entreprise ont été embauchés par des entreprises soutenues par l'État, comme Quanxin Integrated Circuit Manufacturing (QXIC) ou Wuhan Hongxin Semiconductor Manufacturing (HSMC). Xiaomi et Oppo, recrutent également chez MediaTek, le deuxième plus grand développeur de puces pour téléphones mobiles au monde.