Ce début d’année 2021 est clairement marqué par une pénurie sans précédent de composants électroniques et plus précisément de semi-conducteurs. Une pénurie qui a commencé quand un grand nombre de consommateurs se sont rués sur le matériel informatique au début de la pandémie de Covid-19, début 2020. Le manque de semi-conducteurs menace désormais de paralyser la production automobile dans le monde entier.

Une pénurie de semi-conducteurs sans précédent

Deux industries souffrent tout particulièrement de cette pénurie : l’automobile et l’informatique. Sony n’arrive plus à produire sa dernière console, la PlayStation 5. Chez Nvidia, des gammes entières de cartes graphiques (GeForce RTX 3060 Ti, 3070, 3080 ou 3090) viennent à manquer, tandis que les usines de Stellantis (fusion entre Fiat, Chrysler, DS et PSA) sont restées à l’arrêt samedi à Rennes et Sochaux. Selon la Semiconductor Industry Association, les ventes mondiales de puces devraient augmenter de 8,4% en 2021. Un bond gigantesque sur un marché à plus de 400 milliards d’euros.

Comme le rappelle CNBC, la forte demande du début de l’année 2020 couplée à la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine font qu’aujourd’hui, nous assistons à une pénurie de composants électroniques. Comme l’explique Patrick Moorhead, fondateur de Moor Insights, une société qui étudie l’industrie des puces depuis des années : « la pénurie de puces a commencé par une demande sans précédent d’ordinateurs et de matériel informatique, alors que le monde entier est passé en télétravail ».

L’industrie automobile est touchée de plein fouet

Les ventes d’ordinateurs ont augmenté de 4,8%. Plus globalement, la demande pour les consoles de jeux, les casques connectées et des objets connectés a explosé en 2020. Si la menace d’une pénurie de semi-conducteurs pouvait sembler très lointaine jusqu’à présent, ses conséquences se font désormais ressentir en France. Les représentants de l’industrie automobile et de la filière électronique ont été reçus par les services de l’État mercredi 10 février à ce sujet.

Si en France certaines usines sont restées à l’arrêt ce week-end, aux États-Unis Ford doit réduire la production de son pickup F-150 et General Motors suspend la production de trois usines, au Canada, au Mexique et aux États-Unis. Nissan a dit qu’il s’apprêtait à réduire la production de l’une de ses usines au Japon. De son côté, Volkswagen a interrompu des lignes de production à Wolfsburg et à Emden. En Chine, certaines usines ont même décidé de fermer pendant plus de 14 jours en mettant leurs employés au chômage forcé.

L’Union européenne et l’administration Biden préparent la relance

Ce que nous vivons aujourd’hui est révélateur d’une réalité : les véhicules de 2021 embarquent de plus en plus de technologies dans les ordinateurs de bord, qui nécessitent l’usage des semi-conducteurs. Dans ce monde de plus en plus connecté, une pénurie de semi-conducteurs a des répercussions sur de nombreuses industries. Pour faire face à ce problème mondial, l’administration Biden s’est engagée à signer un décret visant à repenser la chaîne d’approvisionnement et à élaborer une stratégie à long terme pour éviter de futures pénuries.

Selon The Verge, la Semiconductor Industry Association a suggéré quelques idées à inclure dans ce plan de relance. L’association demande à Joe Biden de mettre en place un système d’incitations à la fabrication de semi-conducteurs, sous forme de subventions ou de crédits d’impôt. Il est trop tôt pour dire si la Maison Blanche choisira cette piste. De son côté, l’Union européenne souhaite aussi investir dans l’industrie des semi-conducteurs. Dans une annonce commune relayée par Reuters en décembre 2020, 13 pays de l’Union dont la France, l’Allemagne, l’Italie ont expliqué avoir « besoin de renforcer la capacité de l’Europe à développer les processeurs et semi-conducteurs de prochaine génération ».